 |
Etat
des lieux de la qualité de l'eau
Cet état des lieux se base sur
les données des DRASS et DDASS de Normandie qui permettent d'identifier les
proportions de la population desservies par des eaux ayant des teneurs et des
caractéristiques variables en nitrates, bactériologie et pesticides.
Les
nitrates
Forme oxydée de l'azote, les nitrates retrouvés dans les
eaux peuvent être d'origine naturelle ou liés à l'activité humaine. Deux
sources peuvent être identifiées : les nitrates entraînés par le
ruissellement ou l'infiltration et provenant des engrais minéraux ou organiques
non utilisés par les plantes, et les rejets d'eaux usées domestiques,
agricoles ou industrielles. Les nitrates suivent l'eau dans ses déplacements et
peuvent descendre dans le sous-sol à une vitesse qui dépend de la nature des
roches et de la quantité d'eau infiltrée. En effet, les temps de transfert
vers les eaux peuvent varier de quelques jours ou mois à plusieurs décennies.
La norme de potabilité est fixée par l'Organisation Mondiale de la Santé à
50 mg/l.
En
Basse-Normandie
La proportion de la population desservie par
une eau dont les teneurs en nitrates sont inférieures à 25 mg/l diminue
légèrement entre 2001 et 2008, puisqu'elle passe de 62,6 % à 61,5 %. La
proportion de la population desservie par une eau dont les teneurs en nitrates
sont comprises entre 25 et 40 mg/l augmente entre 2007 et 2008 puisqu'elle
passe de 24,1 % à 27,7 %.
Répartition de la population bas-normande en
fonction de la teneur moyenne en nitrates
en 2001 et 2008
|
Années
|
Quantité de nitrates
en mg/l
|
Calvados
|
Manche
|
Orne
|
Basse-Normandie
|
|
2001
|
0 - 25
|
46,1 %
|
78,3 %
|
74,3 %
|
62,6 %
|
|
25 - 40
|
23,2 %
|
19,6 %
|
13,9 %
|
20,1 %
|
|
40 - 50
|
26,8 %
|
2,1 %
|
6,2 %
|
14,3 %
|
|
> 50
|
4,0 %
|
0,0 %
|
5,6 %
|
3,0%
|
|
2008
|
0 - 25
|
44,4 %
|
84,8 %
|
71,4 %
|
61,5 %
|
|
25 - 40
|
34,3 %
|
14 %
|
27 %
|
27,7 %
|
|
40 - 50
|
20 %
|
1,2 %
|
1,6 %
|
10,1 %
|
|
> 50
|
1,3 %
|
0 %
|
0 %
|
0,6 %
|
Evolution
2001 - 2008
|
0 - 25
|
- 3,7
|
8,3
|
-3,9
|
-1,7
|
|
25 - 40
|
47,8
|
- 28,6
|
94,2
|
38
|
|
40 - 50
|
- 25,4
|
- 42,9
|
-74,2
|
- 29,2
|
|
> 50
|
- 67,5
|
0
|
- 100
|
-80,3
|
Sources : DRASS, DDASS Basse-Normandie
Au cours des 10 dernières années, la
population consommant une eau dont la teneur en nitrates est supérieure à 40
mg/l en moyenne est en baisse depuis 2001 : 17,3 % en 2001, 14,5 % en 2004,
13,2 % en 2006, 12 % en 2007 et 10,7 % en 2008. Il en est de même pour la
population concernée par une teneur moyenne supérieure à 50 mg/l
(Source : DRASS Basse-Normandie).
Evolution des proportions de population
desservies par des eaux dont les
teneurs en nitrates sont supérieures à 40 et 50 mg/l depuis 1997

Sources : DRASS, DDASS Basse-Normandie
En
Haute-Normandie
Après avoir diminué en
2003 puis augmenté en 2005, la proportion de la population desservie par une
eau dont les teneurs en nitrates sont inférieures à 25 mg/l diminue à nouveau
puisqu'elle passe de 50,4 % en 2005 à 46,5 % en 2007. De même, après avoir
diminué en 2004, la proportion de la population desservie par une eau dont les
teneurs en nitrates sont entre 25 et 40 mg/l augmente entre 2005 et 2007,
passant de 44 % à 46,4 %.
Répartition de la population haut-normande en
fonction de la teneur moyenne en
nitrates en 2001 et 2007
|
Années
|
Quantité de nitrates
en mg/l
|
Eure
|
Seine-Maritime
|
Haute-Normandie
|
|
2001
|
0 - 25
|
55,5 %
|
49,5 %
|
51,4 %
|
|
25 - 40
|
29,6 %
|
45,1 %
|
40,4 %
|
|
40 - 50
|
10,6 %
|
5,2 %
|
6,8 %
|
|
> 50
|
4,3 %
|
0,2 %
|
1,4 %
|
|
2007
|
0 - 25
|
46,8 %
|
46,4 %
|
46,5 %
|
|
25 - 40
|
44,3 %
|
47,3 %
|
46,4 %
|
|
40 - 50
|
6,1 %
|
6,1 %
|
6,1 %
|
|
> 50
|
2,8 %
|
0,2 %
|
1 %
|
Sources : DRASS, DDASS Haute-Normandie
Après avoir augmenté
depuis 2001, la proportion de la population consommant une eau dont la teneur en
nitrates est supérieure à 40 mg/l a enregistré une diminution importante
entre 2004 et 2005, passant de 9,8 % à 5,7 % et augmente légèrement en 2007
pour atteindre 6,1 %. Il en est de même pour la population concernée par une
teneur moyenne supérieure à 50 mg/l, dont la proportion représentait 2 %
en 2004 et 0,7 % en 2005 avec une remontée légère en 2007 à 1 % (voir
graphique ci-dessous).
Evolution des proportions de population
desservies par des eaux dont les teneurs
en nitrates sont supérieures à 40 et à 50 mg/l depuis 2001

Sources : DRASS, DDASS Haute-Normandie
Les
pesticides
Les produits phytosanitaires, appelés pesticides, sont des substances
chimiques employées principalement en agriculture pour lutter contre les
parasites, les champignons ou les végétaux concurrents des cultures. Ils sont
utilisés pour le désherbage des voies de communication, l'entretien des
espaces verts et des jardins, la démoustication ou la protection des forêts (Source :
DRASS Haute-Normandie).
Pour les pesticides dans l'eau au robinet du consommateur, les limites de
qualité sont fixées à :
-
0,10 μg/L pour chaque pesticide (à l'exception de l'aldrine, la
dieldrine et de l'heptachloroépoxyde : 0,03 μg/L) ;
-
0,50 μg/L pour le total des substances mesurées.
En Basse-Normandie
4,8 % de la population bas-normande (environ
68 850 habitants pour 42 unités de distribution) ont consommé en 2008 une eau
dont la teneur maximale en pesticides était au moins une fois supérieure à la
norme de 0,1 µg/l. En 2008, aucune restriction d'usage n'a été mise en œuvre
pour cause de présence de pesticides (Source : DRASS Basse-Normandie).
Répartition de la population bas-normande en
fonction de la teneur en pesticides
en 2002 et 2008
| Années |
Classes de qualité pesticides |
Calvados
|
Manche
|
Orne
|
Basse-Normandie
|
| 2002 |
Eau conforme |
55,1% |
65,3% |
78,0% |
63,2% |
| Présence de pesticides sans restriction d'usage |
44,9% |
34,7% |
22,0% |
36,8% |
| Présence fréquente ou importante - restriction
d'usage |
0 % |
0 % |
0 % |
0 % |
| 2008 |
Eau conforme |
94,8 % |
99,8 % |
88,5 % |
95,2 % |
| Présence de pesticides sans restriction d'usage |
5,2 % |
0,2 % |
11,5 % |
4,8 % |
| Présence fréquente ou importante - restriction
d'usage |
0 % |
0 % |
0 % |
0 % |
Sources : DRASS, DDASS Basse-Normandie
Le nombre d'unités de distribution
concernées par la présence de pesticides sans restriction d'usage (situation
B1) est, en Basse-Normandie, en diminution constante depuis 1998. Cette
diminution de la population concernée par des dépassements en pesticides a
été forte entre 1998 et 2003, période au cours de laquelle elle est passée
de 39,7 % à 15 %. En 2008, la part de la population concernée par des
dépassements en pesticides chute à 4,8 % (Source : DRASS
Basse-Normandie).
Evolution des proportions de la population
bas-normande desservie par des eaux
de différentes teneurs en pesticides depuis 1998

Sources : DRASS, DDASS Basse-Normandie
La
pression phytosanitaire en Basse-Normandie
La pression phytosanitaire a été estimée à partir d'une
enquête réalisée auprès des distributeurs de produits phytosanitaires
agréés portant sur leurs ventes au cours de l'année 2003, première année
pleine d'entrée en vigueur de l'interdiction de commercialisation des
spécialités à base d'atrazine. Les données recueillies portant sur les
quantités de spécialités commerciales ont été exploitées selon le principe
suivant :
-
les quantités vendues sont supposées être consommées l'année même
sur l'aire de vente du distributeur,
-
un itinéraire régional de protection phytosanitaire type a été
recomposé en attribuant à chaque culture les spécialités commerciales
dont l'emploi est autorisé sur cette culture. Dans le cas de spécialités
d'usage plus large, l'allocation a été faite à dire d'experts en tenant
compte des spécificités locales. Chaque spécialité a été convertie en
équivalent matières actives et toutes les matières actives ont été
sommées pour estimer la quantité de matière active appliquée par
culture,
-
chaque somme a été divisée par la superficie occupée par la culture
correspondante, les données surface, provenant soit du recensement agricole
2000 soit des données 2003 sur les surfaces en céréales, oléagineux,
protéagineux et lin, ont été fournies par le service régional de
statistiques agricoles. La pression phytosanitaire régionale moyenne de
chaque culture a pu être ainsi calculée,
-
au niveau communal, cette pression a été multipliée par la surface
occupée par la culture correspondante pour obtenir la quantité de
matières actives appliquée sur cette culture. La somme de ces quantités
donne le poids des matières actives utilisé sur la commune. La division de
cette somme par la surface agricole utile (SAU) donne la pression par
hectare de SAU communale.
Cet ensemble de calculs a permis de dresser la carte
intitulée "estimation de la pression phytosanitaire" en retenant les
quatre classes suivantes :
-
0 - < 1 kg de matières actives par hectare SAU = pression faible,
-
1 – < 2 kg de matières actives par hectare SAU = pression moyenne,
-
2 – < 8 kg de matières actives par hectare SAU = pression forte,
-
> 8 kg de matières actives par hectare SAU = pression très forte.
Sources : Plan stratégique régional de lutte contre les
pollutions des eaux par les produits phytosanitaires,
Observatoire régional qualité des eaux et produits phytosanitaires, février
2006.
Estimation de la pression phytosanitaire

Sources : DRAF Basse-Normandie, SRPV
En
Haute-Normandie
7,4 % de la
population haut-normande ont consommé en 2007 une eau dont la teneur maximale
en pesticides était en dépassement ponctuel par rapport à la norme de 0,5
µg/l. Cette proportion a fortement augmenté puisqu'en 2005, elle était de 0,3
%. De même, la proportion de la population confrontée à plusieurs
dépassements de la norme est passée de 1,8 % en 2005 à 2,9 % en 2007.
Répartition de la population haut-normande en fonction de la teneur en
pesticides
en 2001 et 2007
| Années |
Classes de qualité pesticides |
Eure
|
Seine-Maritime
|
Haute-Normandie
|
| 2001 |
Conforme ou pas d'analyse |
97,4 % |
85,3 % |
89,0 % |
| Dépassement ponctuel |
0,1 % |
9,4 % |
6,5 % |
| Plusieurs dépassements |
2,5 % |
5,3 % |
4,5 % |
| 2007 |
Conforme ou pas d'analyse |
95,9 % |
86,9 % |
89,7 % |
| Dépassement ponctuel |
2,2 % |
9,7 % |
7,4 % |
| Plusieurs dépassements |
1,9 % |
3,4 % |
2,9 % |
Sources : DRASS, DDASS Haute-Normandie
Le nombre
d'unités de distribution concernées par des dépassements ponctuels de la
norme est, en Haute-Normandie, en diminution constante depuis 2001 mais a
augmenté en 2007. La population desservie par une eau conforme n'a pas cessé
de croître depuis 2001 et est passée de 89 % en 2001 à 97,9 % en 2005 mais
elle est retombée à 89,7 % en 2007.
Evolution des proportions de la population haut-normande desservie par
des eaux
de différentes teneurs en pesticides depuis 2001

Sources : DRASS, DDASS Haute-Normandie
La
bactériologie
La qualité bactériologique de l'eau destinée à la
consommation humaine est évaluée par la recherche de germes naturellement
abondants dans l'intestin des hommes et des animaux (coliformes thermotolérants
et streptocoques fécaux). La contamination bactériologique des eaux est liée
plus ou moins directement à l'infiltration de rejets d'eaux usées ou d'eaux de
ruissellement (Source : DRASS Haute-Normandie).
On distingue 3 classes de qualité microbiologique : très
bonne qualité, bonne qualité, qualité médiocre ou insuffisante.
En Basse-Normandie
En 2008, la qualité médiocre
n'a concerné que 3 unités de distribution soit 4 800 personnes, ce qui
représente 0,34 % de la population. Les anomalies constatées sont liées
principalement à des incidents ponctuels (incidents sur le système de
désinfection, pollution ponctuelle, conditions météorologiques particulières…)
survenus sur des unités de distribution le plus souvent de petite taille (Source :
DRASS Basse-Normandie).
Répartition de la population bas-normande en fonction de
la
microbiologie en 2001 et 2008
| Années |
Classes de qualité bactériologique |
Calvados
|
Manche
|
Orne
|
Basse-Normandie
|
| 2001 |
Très bonne |
92,3 % |
97,2 % |
91,5 % |
93,8 % |
| Bonne |
6,7 % |
2,8 % |
7,6 % |
5,6 % |
| Insuffisante |
1,0 % |
0 % |
0,9 % |
0,6 % |
| 2008 |
Très bonne |
95,9 % |
97,6 % |
94 5 % |
96,2 % |
| Bonne |
4,1 % |
2,2 % |
4,1 % |
3,58 % |
| Insuffisante |
0 % |
0,2 % |
1,4 % |
0,34 % |
Sources : DRASS, DDASS Basse-Normandie
Le graphique présentant l'évolution de la qualité
microbiologique des eaux montre une réduction du nombre d'unités délivrant
une eau non conforme d'un point de vue bactériologique. En parallèle, la
proportion de la population desservie par une eau de très bonne qualité varie
ces dernières années entre 92 % et 96 %.
Evolution de la qualité microbiologique des eaux desservies à la
population bas-normande
entre 1997 et 2008

Sources : DRASS, DDASS Basse-Normandie
En
Haute-Normandie
En 2007, la qualité insuffisante n'a concerné que 0,3 % de
la population. En parallèle, 12,7 % de la population avait accès à une eau de
bonne qualité et près de 87 % à une eau de très bonne qualité.
Répartition de la population haut-normande en fonction des
classes de qualité bactériologique
en 2001 et 2007
| Années |
Classes de qualité bactériologique |
Eure
|
Seine-Maritime
|
Haute-Normandie
|
| 2001 |
Très bonne |
94,3 % |
94,6 % |
94,5 % |
| Bonne |
2,6 % |
5,2 % |
4,4 % |
| Insuffisante |
3,1 % |
2,0 % |
1,1 % |
| 2007 |
Très bonne |
95,3 % |
83,5 % |
87 % |
| Bonne |
3,7 % |
16,5 % |
12,7 % |
| Insuffisante |
1 % |
0 % |
0,3 % |
Sources : DRASS, DDASS Haute-Normandie
Le
graphique représentant l'évolution de la qualité bactériologique des eaux
montre une réduction du nombre d'unités délivrant une eau non conforme d'un
point de vue bactériologique. En parallèle, la proportion de la population
desservie par une eau de très bonne qualité a fortement diminué entre 2001 et
2004, passant de 94,5 % à 81 %, puis est remontée entre 2004 et 2007 pour
atteindre 87 %.
Evolution de la qualité microbiologique des
eaux desservies à la population haut-normande
entre 2001 et 2007

Sources : DRASS, DDASS Haute-Normandie
La
turbidité
La turbidité de l'eau est due à la présence de fines
particules en suspension ou de matières colloïdales. L'apparition de ce
phénomène de turbidité est fréquente en Haute-Normandie en raison de la
nature karstique du sous-sol et de l'érosion des sols suite à des évènements
pluvieux (engouffrement des eaux de ruissellement dans des bétoires,
circulation rapide de l'eau dans des rivières souterraines).
La réglementation fixe à 2 NFU la limite de qualité dans
les eaux destinées à la consommation humaine (Source : DRASS
Haute-Normandie).
En
Haute-Normandie
La proportion de la population desservie par une eau conforme est passée de
81,9 % en 2001 à 95 % en 2007.
Evolution des proportions de population desservies par une
eau
conforme par rapport au paramètre turbidité depuis 2001

Sources : DRASS, DDASS Haute-Normandie
|