Paysage et biodiversité

 

Les races locales et la "protection des races menacées"

Etat des lieux des races locales en Normandie

La vache

La vache normande est une race laitière reconnue aussi pour les qualités de sa viande. Elle est pour partie issue de la race cotentine, qui accompagnait les vikings sur leurs drakkars dès le 10e siècle. Elle représente 43 % des vaches laitières de la Région derrière la Prim'holstein qui en compte 56 % (source : SRSA in Agriscopie 2008).
On peut également citer la vache de race jersiaise, race rustique originaire de Jersey.
  

Le Cheval

La Normandie est le berceau de plusieurs races locales de chevaux lourds (le cob normand et le percheron maintenant utilisés pour la détente et les loisirs), d'ânes (l'âne normand et l'âne du Cotentin, reconnaissable à sa croix de Saint-André). Depuis 2000, en Normandie, on immatricule en moyenne, un peu moins de 700 naissances de poulains lourds par an (les immatriculations de chevaux lourds en Normandie ne représentent que 4 % du total des immatriculations françaises pour l'ensemble des races de chevaux lourds mais plus de 60 % de celles de Cobs et près de 20 % de celles de Percherons). Ces animaux sont destinés, pour l'essentiel, aux loisirs (attelage et randonnées), à l'exportation (débardage en Allemagne, courses au Japon…) ou encore à la boucherie.

Après avoir régressé pendant plusieurs années, les naissances de chevaux lourds en Normandie semblent se stabiliser (626 immatriculations en 2007 contre 653 en 2006). Les cobs normands représentent près de la moitié de ces immatriculations (276 en 2007). Les percherons arrivent en seconde position, avec 238 immatriculations.

Le porc

Le porc de Bayeux fait partie des cinq races locales porcines françaises. Originaire du Bessin (Calvados), cette race ancienne est issue d'un croisement, au 19e siècle, entre le porc normand et le Berkshire (porc noir d'origine anglaise). Rustique, le porc de Bayeux se reconnaît à sa robe blanche et ses tâches noires de forme arrondie. Produit dans quelques élevages de la région, il s'adapte bien à la vie en plein air ainsi qu'à une alimentation à base de sous-produits laitiers. La qualité de sa chair est appréciée, aussi bien pour sa viande fraîche qu'en charcuterie. Comme pour les autres races locales, ces espèces sont intéressantes au titre de la biodiversité animale et de la conservation du patrimoine génétique.

Les races utilisées (Duroc, Piétrain, Large White, Land Race…) dans la très large majorité des élevages de porcs sont issues de races locales qui ont ensuite été sélectionnées sur leurs qualités (capacité à faire naître et à allaiter des porcelets, conformation de l'animal…).

Le mouton

  
La Normandie est le berceau de trois races ovines locales, aux faibles effectifs : l'Avranchin, le Cotentin (sur les zones intérieures des terres) et le Roussin (sur les zones littorales). Essentiellement localisés dans la Manche, leurs effectifs se maintiennent grâce à leur rusticité (bonne aptitude aux conditions d'élevage en plein air). Mais les élevages ovins de la région sont généralement composés de suffolks.
  

Les volailles

La Normandie compte quelques races locales de poules parmi lesquelles on peut citer : la Caumont (race normande la plus rare) et la Crèvecœur, toutes deux originaires du Calvados, la Cotentine (Manche), la Merlerault (Orne), la Pavilly (Pays de Caux) et la Gournay (Pays de Bray). Cette dernière race est celle qui dispose des effectifs les plus importants. Elle fait l'objet d'une valorisation commerciale au niveau local, par l'intermédiaire de la vente directe des producteurs et par les bouchers locaux.
L'oie normande, descendante de l'oie commune, est présente sur tout le territoire normand. Rustique, élevée en plein air, elle peut se nourrir de pommes tombées au sol. Parmi les autres races normandes de palmipèdes, on peu citer : l'oie de Bavent (Calvados), le canard Duclair et le canard de Rouen, tous deux originaires de Seine-Maritime.