Les débouchés non alimentairesl'horticulture ornementale

  Les légumes en Normandie

Une production légumière localisée et concentrée

La production légumière normande est localisée sur quelques bassins, essentiellement sur le littoral de la Manche (Val de Saire, région de Créances/côte Ouest Cotentin, Baie du Mont-Saint-Michel), dans le Calvados, autour des grandes agglomérations (ceinture verte des villes) ainsi que sur une zone allant de la grande périphérie de l'agglomération caennaise à la Côte de Nacre. Dans l'Orne, la production maraîchère reste très peu développée (moins d'une centaine d'hectares) et se limite essentiellement au maraîchage périurbain dédié à l'approvisionnement des marchés locaux. La Manche, 1er département légumier normand, se situe au 10e rang des départements français pour sa surface légumière.En Haute-Normandie, le maraîchage, localisé dans la vallée de la Seine, est essentiellement périurbain. Les bonnes conditions climatiques et pédologiques, notamment sur les côtes, constituent un atout important pour la Normandie.
En 2007, en Normandie, 1 050 exploitations agricoles, dont les 3/4 en Basse-Normandie, disposent d'une surface en légumes frais. L'une des principales caractéristiques de la production légumière normande (et principalement bas-normande) est son degré élevé d'organisation (présence d'un comité économique, faible nombre d'OP regroupant une majorité de producteurs…). Les OP rassemblent l'offre et peuvent assurer, dans le prolongement de leur activité, la commercialisation des produits, à côté des entreprises d'expédition.
A côté de ces circuits longs, qui assurent l'essentiel de l'écoulement de la production, cohabite un circuit plus traditionnel de commercialisation en direct par des producteurs indépendants, auprès de grossistes et marchés de gros, de la grande distribution ou en vente directe à la ferme ou sur les marchés locaux. Dans la filière biologique, la vente de légumes bio par système de paniers prépayés se développe autour des agglomérations.Malgré leur faible poids dans le produit agricole régional, les légumes jouent un rôle notable dans les évolutions conjoncturelles de l’économie agricole normande, du fait des brutales variations de prix qui les affectent. En effet, la production légumière est un secteur où le marché constitue, par le mécanisme des prix, le principal régulateur des échanges et la filière reste exposée à des crises cycliques plus ou moins importantes, liées à des difficultés d'écoulement de la production. 

En 2007, dans la région, 8 820 ha (dont 72 % dans la Manche et 84 % en Basse-Normandie) sont consacrés à la culture de légumes frais (hors pommes de terre), ce qui représente 4 % de la surface légumière française. La Normandie se situe loin derrière les principales régions de production que sont la Bretagne (24 % de la surface nationale légumière), l'Aquitaine (17 %) et le Nord-Pas-de-Calais (12 %).

Production 2007 de légumes dans les départements normands

 

Production en quintaux

Rang du département Part/France
Carotte (50)  610 470 2e 11 %
Poireau (50) 272 688 2e 15 %
Chou fleur (50) 146 354 6e 4 %
Navet potager (50) 125 388 1er 19 %
Laitue pommée (50) 110 505 9e 3 %
Oignons de couleur (14) 74 800 12e 3 %
Céleri rave (50)  40 185 4e 7 %
Chicorée scarole (50)  24 101 7e 5 %
Salsifis (76) 18 000 3e 8 %
Courgettes (76) 16 800 9e 1 %
Céleris branche (50) 14 202 5e 6 %
Persil (50) 12 320 6e 5 %
Chicorée frisée (50) 10 128 11e 2 %
Radis (76) 6 000 16e 1 %

Source : SCEES

Une spécialisation autour de quelques produits phares

La surface en légumes frais occupe moins de 0,5 % de la SAU normande. Malgré ces modestes surfaces, la Normandie occupe une bonne place sur quelques productions. Parmi la vingtaine d'espèces légumières cultivées dans la région, carottes, poireaux, choux-fleurs et navets potagers constituent, en terme de volumes, les piliers du maraîchage normand. La Manche est leader en terme de production pour le navet potager, avec 19 % du volume national et pour le poireau avec 15 %.
Ces productions traditionnelles confèrent un caractère hivernal marqué à la filière légumière, même si, en parallèle, la production de salades en plein champ (et plus récemment de jeunes pousses et de mâche) se développe, du printemps à l'automne. Côté chiffre d'affaires, poireaux, puis salades et carottes, se partagent les trois premières places.
Depuis 1999, la Manche n'est plus le 1er département français producteur de carottes (en surfaces cultivées). Les Landes et la Gironde l'ont supplantée. La région Aquitaine est ainsi devenue la 1re région productrice de carottes (19 % de la production nationale en 2007). Du fait de cette concurrence, les surfaces normandes ont diminué de 60 %, passant de 5 040 ha en 1990, à 2 035 ha en 2007. Cependant, la carotte demeure toujours la principale production légumière de Normandie, avec 72 767 tonnes produites en 2007, soit 14 % de la production nationale.

Carottes : évolution des surfaces cultivées en Normandie


Source : SCEES

Une production de qualité

Depuis le milieu des années 1990, les producteurs de la Manche (principal bassin légumier de Normandie) se sont engagés dans des mesures agri-environnementales (rotation des cultures en intercalant des espèces non légumières sur 30 % des surfaces, diminution de 20 % des apports azotés et phosphatés, reconstitution du paysage bocager avec la plantation de haies…) ensuite déclinées en CTE puis CAD. 
Les maraîchers de Basse-Normandie, précurseurs des démarches de certification sur des pratiques respectueuses de l'environnement, restent fortement impliqués dans ces initiatives environnementales (mise en place de zones de régulation écologique au sein de chaque parcelle…). 
Dans le domaine de l'expérimentation légumière, la profession dispose d'une station expérimentale, le SILEBAN, implantée dans le Val de Saire (50). Cet outil de développement agricole permet de mettre en œuvre des programmes de recherche et d'expérimentation sur les productions légumières et horticoles locales.
Parallèlement à la mise en œuvre de ces nouvelles pratiques de production, plusieurs produits de la filière sont commercialisés sous une marque collective ou ont obtenu un signe officiel de qualité mais ces derniers restent limités à un marché de niche.

  

 Démarches qualité

 

Label Rouge

  • Carottes des sables, Poireaux de Créances (+ IGP).

Légumes biologiques 

  • 90 maraîchers bio en Normandie en 2007, sur une surface légumière de 410 ha.

Certification de conformité produit

  • Carottes, Poireaux, Salade.

Marques collectives

  • Légumes Jardins fraîcheur, Jardins de Normandie.

Quelques unités industrielles de transformation

A côté des cultures traditionnelles maraîchères, de nouveaux débouchés sont apparus avec l'implantation d'unités industrielles de transformation, mais celles-ci sont peu nombreuses en Normandie. L'usine Soléco/Florette de Lessay (site historique du groupe coopératif Agrial) est le principal outil industriel de la région. Il est spécialisé dans la transformation et la commercialisation de légumes frais prêts à l'emploi (essentiellement des salades 4e gamme, sous marque propre ou sous marque de distributeur). Ce débouché connaît un accroissement régulier depuis sa création. Les surfaces en salade de la Manche (35 références, parmi lesquelles : frisée, laitue, scarole, iceberg, batavia) sont principalement destinées à ce débouché avec des achats contractualisés. Parmi les autres unités de transformation implantées dans la région, on peut citer : Créaline (Manche), spécialisée dans la préparation de purées 5e gamme et de soupes chaudes et froides prêtes à l'emploi ; Lunor (Seine-Maritime), spécialisée dans la préparation de légumes prêts à l'emploi.

Des nouvelles des entreprises en 2008

Linéaires, n° 234, mars 2008 
Chambr'Agri 14, n° 201, mars 2009

Linéaires, n° 234, mars, n° 238, juillet-août 2008, n° 245, mars 2009
LSA, n° 2050, 19 juin 2008
RIA ° 694, octobre 2008

LSA, n° 2038, 3 avril, n° 2050, 19 juin, n° 2056, 11 septembre 2008
Linéaires, n° 236, mai, n° 238, juillet-août, n° 239, septembre, n° 240, octobre 2008, n° 245, mars 2009
Le Mail agroalimentaire, n° 75, juin 2008, n° 82, 10 février 2009
Points de vente, n° 1031,1er septembre 2008

Ouest France, 4 avril et 26 octobre 2008
 Agrisalon, 4 avril 2008
Presse de la Manche, 8 avril 2008 ; RIA News, n° 251, 10 avril 2008
Agra alimentation, n° 2017, 24 avril 2008
Le mail agroalimentaire, n° 74, mai 2008
Journal d'Agrial, n° 32, avril 2008
RIA, n° 690, mai 2008, n° 699, mars 2009
Linéaires, n° 236, mai 2008
Les Marchés hebdo, n° 4, 2 avril 2009

RIA news, n° 262, 26 juin, n° 270, 2 octobre 2008
Agra alimentation, n° 2026, 3 juillet,n° 2035, 2 octobre 2008
Ouest France, 7 juillet, 26 septembre 2008
Presse de la Manche, 8 juillet 2008
Les Marchés, 8 juillet, 26 septembre 2008
Manche libre, 26 juillet 2008
Agrisalon.com, 25 septembre 2008
Journal d'Agrial, n° 34, octobre 2008

Les marchés, n° 210, 20 octobre 2008
Linéaires, n° 240 octobre 2008
LSA, n° 2065, 6 novembre 2008

Linéaires, n° 240 octobre 2008, n° 242, décembre 2008

LSA, n° 2063, 23 octobre 2008
Linéaires, n° 241, novembre 2008, n° 243, janvier, n° 244, février 2009
Le Mail agroalimentaire, n° 81, 13 janvier 2009

 

Actualités 2008 et perspectives

  • La nouvelle organisation commune des marchés (OCM) du secteur des fruits et légumes est entrée en vigueur au 1er janvier 2008. Cette réforme vise à améliorer la compétitivité du secteur et à renforcer l'orientation vers le marché, à réduire les fluctuations liées aux crises, à encourager la consommation et à renforcer la protection environnementale. Parmi les nouveautés de cette réforme, figure notamment l'admissibilité de certains fruits et légumes aux DPU. Les surfaces plantées en légumes destinés à l'industrie de transformation, les melons, les endives, les oignons et les choux à inflorescence, frais ou transformés (chou-fleur, chou romanesco, brocoli) sont désormais admissibles aux droits à paiement unique. Les DPU détenus pourront être activés avec ces productions.
     

  • Le Ministre de l'agriculture et de la pêche a souhaité dans sa politique de l'alimentation, que des efforts soient entrepris pour améliorer l'accès aux fruits et légumes. La recommandation relayée par les pouvoirs publics de "manger au moins 5 fruits et légumes par jour, frais, en conserve, ou surgelés" est encore peu suivie par les consommateurs. Trois orientations ont été prises pour rendre accessible les fruits et légumes :
    . comprendre les enjeux et déterminants de la consommation des fruits et légumes, par une expertise scientifique collective confiée à l'INRA,
    . rassembler dans un pôle l'ensemble des acteurs : pouvoirs publics, consommateurs et professionnels, pour concevoir et initier des projets pilotes. Des travaux sont en cours notamment pour permettre l'introduction de distributeurs de fruits et légumes dans l'enseignement supérieur,
    . développer les projets répondant le mieux aux attentes. Deux actions sont menées au niveau national : 
    "Un fruit pour la récré" qui consiste à distribuer gratuitement aux enfants un fruit par semaine à l'école. Cette action, qui a démarré en France à la rentrée 2008 est maintenant prolongée par un programme européen de distribution de fruits, effectif dès la rentrée 2009, "Un fruit pour les loisirs" qui consiste à sensibiliser les éducateurs et les enfants fréquentant les centres de loisirs et colonies de vacances, aux bienfaits de manger des fruits. 
     

  • Initiées dans les années 1990, les mesures agri-environnementales, relayées par les CTE puis les CAD, se poursuivent dans les bassins légumiers de la Manche. Les maraîchers accentuent leurs efforts de protection de l'environnement et de préservation de la biodiversité en créant des zones de régulation écologique au sein de chaque parcelle. Les ZRE peuvent se présenter sous forme de bandes de 3 à 5 mètres de large, implantées en graminées et autres plantes, avec un double objectif : créer une zone tampon en empêchant le ruissellement des intrants dans le milieu naturel et constituer une réserve d'insectes auxiliaires, prédateurs naturels des ravageurs des cultures. Ces zones peuvent représenter jusqu'à 15 % des surfaces des exploitations maraîchères.

  • Le 1er juillet 2009, un nouveau règlement établissant une norme générale de commercialisation de fruits et légumes entrera en vigueur. Les produits concernés* ne seront plus tenus de respecter des contraintes de catégorie et de calibre comme c'est le cas actuellement. 
    *Fruits et légumes concernés : abricot, artichaut, asperge, aubergine, ail, avocat, céleri, carotte, cerise, champignon de Paris, chou pomme, chou de Bruxelles, chou-fleur, concombre, courgette, épinard, haricot, melon, noisette, noix, oignon, pastèque, pois, poireau, prune. 10 autres produits ne sont pas concernés par cette réglementation et devront continuer à respecter la réglementation en vigueur : pomme, agrume, kiwi, salade, pêche et nectarine, poire, fraise, poivron, raisin de table, tomate.

Sources : SCEES : SAA, enquête structure

Les débouchés non alimentairesl'horticulture ornementale

Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie
Sophie CHAUVIN
6, rue des Roquemonts - 14053 CAEN Cedex 4 
Tél : 02 31 47 22 47

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