les grandes culturesle lin

 La filière cidricole en Normandie

50 % de la production nationale du verger basse-tige

Le verger cidricole normand produit chaque année entre 300 et 350 000 tonnes de pommes à cidre, dont une part seulement sera transformée par les industriels. Une autre partie des fruits est destinée à la production familiale de cidre autoconsommée ou encore utilisée pour la transformation artisanale ou fermière. Le reste est abandonné aux animaux dans les vergers. Depuis plusieurs années, les quantités de fruits à cidre destinés à l'industrie française se sont stabilisées autour de 225 000 tonnes, en moyenne annuelle, alors que la production de pommes à cidre, en France, est d'environ 500 à 600 000 tonnes. 
La production fermière française s'est développée et structurée. Elle valorise tous les ans entre 20 et 25 000 tonnes de fruits à cidre.

Prévisions de production de 
pommes à cidre en 2008

Deux vergers de pommiers

Le verger cidricole normand

  • Le verger traditionnel ou haute-tige (il s'agit souvent d'un pré-planté où les bovins pâturent sous les pommiers) a fortement régressé depuis la fin de la 2e guerre mondiale. Entre 1980 et 2003, le nombre d'arbres a été divisé par trois, passant de 12 millions à un peu moins de 4 millions. Mais celui-ci semble maintenant se stabiliser. Son impact sur le paysage est notoire. Ce verger se maintient essentiellement dans deux zones géographiques : le Pays d'Auge - Lieuvin (443 arbres/100 ha de SAU) et les Bocages normands (Sud Manche et Bocages du Calvados et de l'Orne : 288 arbres/100 ha de SAU). Dans les autres zones de la Normandie, il disparaît progressivement du paysage (moins de 120 arbres/100 ha de SAU).

La "production pendante" du verger haute-tige n'est plus le reflet des quantités de fruits susceptibles d'être mises en marché : 45 400 tonnes commercialisées par an en moyenne entre 2003 et 2006, pour une production moyenne pendante de 338 000 tonnes sur la même période. Aussi, cette méthode de prévision a été abandonnée. 

  • Le verger spécialisé, ou verger basse-tige, est apparu à la fin des années 1970, sous l'impulsion des transformateurs. 30 % du verger basse-tige régional sont localisés dans le Calvados en raison d'une forte présence industrielle dans le Pays d'Auge. Il est exploité par un nombre plus restreint de producteurs. La production issue du verger basse-tige est passée à plus de 80 % des approvisionnement des entreprises de transformation. Par ailleurs, la quasi totalité des surfaces plantées fait l’objet d’un contrat de livraison avec un transformateur industriel, garantissant l'écoulement des fruits et précisant les conditions de prix sur des périodes de 15 à 18 ans. Le reste sert à la transformation fermière ou est vendu à des artisans. 
    D’une année sur l’autre, ce type de verger prend le pas sur le verger traditionnel, notamment depuis la tempête de décembre 1999 qui a sérieusement endommagé le verger haute-tige.
    Sa récolte est souvent mécanisée. Les données confirment que depuis 2002, le verger basse-tige a atteint son âge adulte. La production nationale s'est stabilisée et oscille entre 200 et 225 000 tonnes. Les variations observées ont pour origine une alternance plus ou moins marquée dans les différents bassins de production.

    En 2007, la production du verger basse-tige normand était de 106 118 tonnes de fruits à cidre, soit 48 % de la production nationale issue de ce type de verger. Pour 2008, la production du verger normand est estimée à 118 000 tonnes de fruits à cidre, soit un peu plus de la moitié de la production nationale.

Le verger de poiriers

Le verger normand comptait 324 000 poiriers en 2003 contre 527 000 en 1990. Cette forte diminution de la population de poiriers résulte du vieillissement des arbres et de la tempête de 1999, ainsi que de l'absence de renouvellement. Présents sur l'ensemble de la Normandie, les poiriers sont surtout implantés dans le Domfrontais (60 % des arbres) et dans le Pays d'Auge – Lieuvin (29 % des arbres). Les dernières années sont marquées par un fort courant de replantation, ce qui laisse augurer un début de stabilisation du verger normand de poiriers. Depuis 2002, le poiré Domfront bénéficie d'une AOC.

 Démarches qualité

 

6 AOC cidricoles normandes : 

  • Calvados,

  • Calvados Pays d'Auge (+ AOP), 

  • Calvados Domfrontais (+ AOP),

  • Cidre Pays d'Auge (+ AOP),

  • Pommeau de Normandie,

  • Poiré Domfront (+ AOP).

D’autres AOC sont en projet ou en cours d'instruction : 

  • Cidre du Cotentin, 

  • Cidre du Pays de Caux, 

  • Cidre du Perche.

IGP :

  • Cidre de Normandie ou Cidre normand.

Label Rouge :

  • Cidre de tradition.

  • Cidre, poiré et jus de pomme biologiques.

Marque collective :

  • Gourmandie, 

  • cidres des pays de Haute-Normandie.

Cidre : la consommation se stabilise

Avec moins de 2 litres par an et par habitant (soit l'équivalent de 5 litres par an et par foyer), la consommation du cidre en France arrive loin derrière le vin, la bière, les boissons rafraîchissantes sans alcool et l'eau. Le marché du cidre reste très saisonnalisé. En dehors du 1er trimestre (Epiphanie, Chandeleur, Mardi gras) et de la saison estivale, les ventes en grandes surfaces ont du mal à se développer. Outre cette forte saisonnalité, la consommation de cidre est caractérisée par de grandes disparités régionales, les premières régions de consommation étant celles de production : Normandie et Bretagne, notamment en milieu rural. Autre frein : la démographie. Faute de renouvellement des consommateurs, on observe une tendance au vieillissement du cœur de la clientèle. L'autoconsommation, difficilement chiffrable, reste importante dans les régions de production.Après plusieurs tentatives de modernisation peu fructueuses (ciders aromatisés, conditionnement en boîtes métalliques, petits formats), les opérateurs régionaux et nationaux ont préféré renouer avec les origines et se tourner vers des valeurs plus sûres : cidres régionaux, AOC, bio ou Label Rouge se multiplient afin de conquérir de nouveaux adeptes et créer d'autres occasions de consommation. Plus récemment, de nouvelles tentatives de diversification de l'offre, avec des produits plus modernes, ont fait leur apparition dans l'espoir de rajeunir la clientèle et susciter de nouveaux moments de consommation, notamment dans les lieux festifs. De plus, l'interprofession et les transformateurs ont multiplié les campagnes de communication, d'animation dans les points de vente ainsi que les offres publipro-motionnelles afin de promouvoir le cidre auprès de nouveaux consommateurs potentiels.

Les volumes vendus en grandes surfaces s'éloignent de la barre symbolique des 60 millions de litres écoulés. Entre février 2008 et février 2009, il s'est vendu 51,4 millions de litres de cidre en grandes surfaces, générant un chiffre d’affaires de 98 millions d'euros dans ces points de vente. Le marché du cidre en GMS perd des volumes, malgré les opérations de communication de l'interprofession cidricole pour promouvoir les produits de la filière. La baisse de la consommation observée sur 2008 serait liée à plusieurs phénomènes : mauvaises conditions météorologiques estivales, hausse des prix, baisse du pouvoir d'achat…

Une tradition : le Calvados

Sous le nom de Calvados se trouvent en fait 3 Appellations d'Origine Contrôlée. Le Calvados (appellation réglementée en 1942, devenue AOC en 1984) est obtenu par distillation du cidre (il faut 14 litres de cidre à 5 % d’alcool pour obtenir, après distillation dans un alambic, un litre de Calvados qui titre 70 % d’alcool). Deux autres AOC, avec un cahier des charges spécifique, ont été accordées : le Calvados Pays d'Auge (alcool produit dans la zone géographique du Pays d'Auge, issu d'une double distillation dite "à repasse") et le Calvados Domfrontais (qui nécessite au moins 30 % de poires à Poiré dans son élaboration). 

Les Calvados peuvent être classés par "compte d'âge".

  •  Les dénominations "Fine", "Trois étoiles" ou "Trois pommes" correspondent à 2 ans et plus ;

  •  "Vieux" ou "Réserve" à 3 ans et plus ; 

  • "VO" ou "Vieille réserve" à 4 ans et plus ;

  •  "VSOP" à 5 ans et plus ; "XO", "Extra", "Napoléon", "Hors d'âge" ou "Age inconnu" à 6 ans minimum.

  • Dans le cas d'assemblages, l'âge du mélange est celui de l'eau-de-vie la plus jeune. 

  • La mention d'un millésime correspond à l'année de distillation. Dans ce cas, la totalité de l'eau de vie doit avoir été distillée l'année en question. 

Commercialisation et exportation
 de Calvados


Source IDAC

 Le Calvados est élevé en fût de chêne, ce qui lui permet d'acquérir de la rondeur, de la complexité aromatique et sa couleur. Celle-ci est due aux tanins du bois, elle varie du jaune pâle jusqu'au rouge acajou ou ambré selon l'âge du fût et la durée de l'élevage. Une fois en bouteille, le Calvados n'évolue pratiquement plus.

Comme l'ensemble des eaux de vie de fruits, le Calvados souffre d'une désaffection des consommateurs. Aussi, les fabrications de Calvados sont passées de 29 000 hl par an, en moyenne, sur la période 1990-1995, à 19 200 hl par an, en moyenne, au cours des cinq dernières campagnes.

En 2007, les quantités commercialisées sont de l'ordre de 18 525 hl. La moitié du Calvados est exportée. Suite à l'effet "an 2000" qui avait entraîné une augmentation des débouchés, les ventes de Calvados ont plutôt tendance à régresser, tant sur le marché intérieur qu'à l'export.

   Un autre débouché : le Pommeau

Production de 
Pommeau de Normandie

Apéritif régional essentiellement consommé dans les zones de production, notamment en Normandie, le Pommeau est élaboré à partir de moût de pommes à cidre et de Calvados. Le Pommeau de Normandie (AOC obtenue en 1991) est produit dans l'aire d'appellation du Calvados. Il est élevé au moins 14 mois en fût de chêne et titre entre 16 et 18° d'alcool. Depuis quelques années, les producteurs mènent régulièrement une campagne de communication afin de faire connaître ce produit en Normandie mais également en dehors de la région. A l'export, ce produit n'est pas proposé comme un apéritif mais plutôt comme un "vin" de dessert ou une boisson déconnectée du repas.

En 2007, 4 966 hl de Pommeau de Normandie ont été agréés AOC, soit 18 % de moins qu'au cours de la campagne précédente.

Des nouvelles des entreprises en 2008

Agriculteur normand, 3 avril et 25 décembre 2008
La France agricole, 25 avril et 4 juillet 2008
Journal Agrial, n° 32, avril 2008

Rayon Boissons, n° 163, mai 2008 et n°164, juin 2008
La Presse de la Manche, 3 juin 2008
Agriculteur normand, 19 juin 2008
Pomme à cidre, n°19, juillet 2008

Presse de la Manche, 26 octobre 2008
LSA, n° 2065, 6 novembre 2008
Communiqué Val de Vire, février 2009

Agriculteur normand, 13 novembre 2008

Rayon Boissons, n° 168, novembre 2008
Calvados stratégie, 27 janvier 2009

Communiqué Val de Vire, février 2008
Agra alimentation, n° 2054, 19 février 2009

 

Actualités 2008 et perspectives

  • La 5e édition régionale du Concours des cidres et poirés de la Saint Jean s'est déroulée à Port en Bessin (14) le 23 juin 2008. 68 producteurs y ont présenté 197 échantillons. Au final, 65 médailles ont été décernées (12 d'or, 31 d'argent et 22 de bronze). Les produits médaillés sont estampillés et mis en avant dans une plaquette spécialement dédiée à l'occasion. La prochaine édition se déroulera en juin 2009 dans le Cotentin. En plus des produits habituels, elle sera ouverte au jus de pomme, pour répondre à la demande croissante de produits non alcoolisés.
     

  • La récolte 2008 est à la hausse. La récolte nationale de fruits à cidre est estimée à 240 000 tonnes, contre 213 000 tonnes les années précédentes. Il faut remonter à 2002 pour voir un niveau de récolte comparable. Elle a été particulièrement abondante dans les bocages normands mais à la baisse dans le Perche et le Maine. 2008 se caractérise notamment par une forte production du verger haute-tige.
     

  • L’Institut français des productions cidricoles (ex centre technique des productions cidricoles) a obtenu la qualité d'institut agro-industriel, en complément de sa qualité d'institut technique agricole. Cette double qualification a pour avantage de mettre l'IFPC en meilleure position lors des appels à projet. Les trois axes de travail qui sont au programme pour les prochains mois sont : la qualité des produits, leur stabilité et leurs aspects organoleptiques.
     

  • Le plan de rénovation / restructuration du verger cidricole français se poursuit. Ce plan prévoit, pour la campagne 2008/2009, une aide à la plantation de pommiers en zone AOC ou IGP, avec des variétés éligibles. L'objectif est de favoriser et d'accélérer l'évolution variétale nécessaire pour adapter la production aux besoins d'une filière qui s'oriente vers les signes de qualité.
     

  • La commission communication de l'UNICID (interprofession cidricole qui regroupe producteurs et transformateurs) poursuit le plan de communication initié en 2002. Après plusieurs campagnes d'affichage estival pour rappeler aux consommateurs que le cidre "On devrait toujours en avoir au frais", l'UNICID a lancé des vagues de communication radio pour conforter les moments importants du cidre tout en investissant des périodes où l'on n'en parle pas habituellement : épiphanie, chandeleur, mai, été, automne. Des relations presse ont également été lancées afin de multiplier les articles sur le cidre tout au long de l'année.
     

  • Le programme de recherche "cidre bio" piloté par la Chambre d’agriculture de Normandie, initié en 2007 avec plusieurs partenaires techniques régionaux se poursuit. Les essais portent sur les principaux freins techniques en vergers cidicoles bio : l'éclaircissage, la tavelure et le carpocapse mais aussi la moniliose et le puceron lanigère. Des journées techniques réunissant producteurs bio et conventionnels de pomme à cidre ont permis de faire le point sur les premiers résultats des essais. Par ailleurs, le verger du lycée agricole de Sées (61) a démarré sa conversion à l'AB, celui de Coutances (50) réfléchit à la conversion du verger, après le démarrage d’une production en maraîchage biologique. Le lycée agricole de Brémontier Merval (76) est également en projet de conversion sur un verger cidricole.
     

  • La Chambre régionale d’agriculture de Normandie est à l’initiative d’un projet de recherche dont la perspective, à terme, est la redynamisation de la consommation du cidre en France par une meilleure adéquation de l’offre et de la demande. Ce projet a été déposé en 2007 dans le cadre de l’appel à projets de développement agricole et rural, d’innovation et de partenariat du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. En octobre 2007, le Ministre de l’Agriculture a désigné le projet de la Chambre régionale d'agriculture de Normandie parmi les 32 lauréats sur 190 projets déposés, toutes filières agricoles confondues. Il réunit de nombreux acteurs de la recherche et du développement : IFPC, INRA URC de Rennes, INRA de Dijon, ADRIA Normandie, ESA Angers, ARAC, Laboratoire Départemental Frank DUNCOMBE – CG 14 ; ainsi que les œnologues conseil du Grand Ouest (Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, CIDREF, SPCFHN) et les responsables qualité des 3 principales entreprises du Grand Ouest. Le programme est découpé en 2 actions majeures : comprendre les attentes des consommateurs à travers une démarche de cartographie des préférences, puis étudier les conditions d’élaboration des cidres vis-à-vis de certaines caractéristiques sensorielles par des expérimentations. Ce projet se déroulera pendant 3 années, de 2008 à fin 2010.L’année 2008 a été essentiellement consacrée à l’étude des préférences consommateurs. 19 cidres ont été sélectionnés dans le Grand Ouest de mars à juin puis caractérisés sur les plans analytiques et sensoriels. Après l’été, les tests consommateurs ont été réalisés dans 6 villes de France auprès de 350 consommateurs. Les résultats seront connus en 2009.
     

  • Outre le 6e concours de la Saint Jean des cidres, l'ARDEC a également pour ambition en 2009
    . de former les producteurs à la mise en valeur de leurs produits (habillage, lieux de ventes, communication...),
    . de présenter les produits normands sur les grands rendez-vous festifs de la région : Jazz sous les Pommiers, Festival des Papillons de Nuit, Fête de la Chasse,
    . d’organiser l’accueil de l’Union de la Sommellerie Française à Deauville en juin, de façon à faire rayonner la qualité et la diversité des produits cidricoles normands. Des visites de vergers, de distilleries et de chais à cidre sont prévues, ainsi que des repas axés sur les accords mets / cidres,
    . de relayer en Normandie la fête des cidres d’automne, initiative de l’UNICID. Cette fête, prévue pour octobre, aura pour but de remettre en lien la saison de ramassage des pommes avec des occasions traditionnelles de consommation : plats de saison, châtaignes grillées, tartes aux pommes, champignons…

Sources : INAO : productions sous AOC, IDAC : Calvados, Scantrack : ventes de cidre en GMS, Institut français des productions cidricoles : vergers, production de pommes

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Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie
Sophie CHAUVIN
6, rue des Roquemonts - 14053 CAEN Cedex 4 
Tél : 02 31 47 22 47

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