le porcle mouton

  Les volailles, oeufs et lapins en Normandie

Du poulet de chair surtout

Avec 3 % de l'effectif national, la Normandie est la 10e région pro-ductrice de poulets de chair, loin derrière la Bretagne (33 %) ou les Pays de la Loire (21 %). 44 % des volailles élevées en Normandie sont des poulets de chair, en partie destinés à la filière Label Rouge. En 2007, on recense en Normandie près de 520 exploitations avec un effectif d'au moins 100 poulets de chair. En 2007, 84 % des dindes et din-dons, 77 % des poulets de chair, 72 % des pintades, 71 % des pou-les pondeuses de la région sont élevés en Basse-Normandie.

  Quatrième filière animale    

Avec près de 78 millions € en 2008, la production de volailles de chair représente un peu plus de 2 % du produit agricole normand (services exclus, hors aides). Par ailleurs, elle arrive en 4e position des produits animaux, derrière le lait (37 %), les gros bovins (17 %) et les porcs (5 %) mais devant les veaux de boucherie et les ovins.

Une production en progression

Entre 1990 et 2007, la production normande de viande de poulets de chair a progressé de plus de 40 %, pour atteindre près de 29 120 ton-nes en 2007. Sur cette période, la production bas-normande a plus que doublé en volume, tandis qu'en Haute-Normandie, elle régressait de près de 60 %. Malgré ce développe-ment, la production locale reste encore insuffisante pour satisfaire le marché régional.

En 2007, la production de vian-de de poulet de chair s'élève à 29 117 tonnes (dont 87 % pour la Basse-Normandie).

  Deux types de production

L'élevage avicole, auparavant très atomisé, a aujourd'hui pris deux orientations : l'une de type fermière qui valorise ses produits en circuits courts (vente directe), l'autre s'ar-ticule autour d'une filière longue organisée. Actuellement, les éleva-ges sont concentrés dans le sud de la Basse-Normandie : Avranchin et Domfrontais. En Haute-Normandie, ils sont localisés en Pays de Caux, Pays de Bray et dans les Plaines de l'Eure.

 

Production de viande de poulet de chair

Basse-Normandie

Haute-Normandie

Normandie
2006 21 880 tonnes 5 231 tonnes 27 111 tonnes
2007 25 317 tonnes 3 800 tonnes 29 117 tonnes
2007/2006 + 16 % - 27 % + 7 %

Source : SCEES

Effectifs des volailles dans les exploitations agricoles normandes en 2007

Quelques races locales préservées

La Normandie compte quelques races locales de poules parmi les-quelles on peut citer : la Caumont (race normande la plus rare) et la Crèvecœur, toutes deux originaires du Calvados, la Cotentine (Manche), la Merlerault (Orne), la Pavilly (Pays de Caux) et la Gournay (Pays de Bray). Cette dernière race est celle qui dispose des effectifs les plus importants. Elle fait l'objet d'une valorisation commerciale au niveau local, par l'intermédiaire de la vente directe des producteurs et par les bouchers locaux.
L'oie normande, descendante de l'oie commune, est présente sur tout le territoire normand. Rustique, élevée en plein air, elle peut se nourrir de pommes tombées au sol. Parmi les autres races nor-mandes de palmipèdes, on peut citer : l'oie de Bavent (Calvados), le canard Duclair et le canard de Rouen, tous deux originaires de Seine-Maritime.

Peu d'unités de transformation 

Il y a peu d'abattoirs industriels de volailles en Normandie : Société Normande de Volailles (SNV, groupe LDC, la plus importante unité de transformation dans la région, implantée dans l'Orne), Socadis (14, filiale d'Agrial) et Nouet (50) en Basse-Normandie, Adrien Labrouche (27) et la Société Cauchoise de Volailles (Socauvol, 76) en Haute-Normandie. La production normande alimente donc les unités de transformation des régions limitrophes de la Normandie (notamment les établissements Secoué, filiale d'Agrial, en Mayenne). C'est aussi un handicap pour la pro-duction de volailles sous signe de qualité : les animaux doivent être abattus dans un rayon relativement proche de leur zone de production.Par contre, on note une multitude de sites agréés d'abattage à la ferme. Ces abattoirs permettent aux agriculteurs de vendre en direct leurs volailles, sur des marchés ou à la ferme.
Entre les grandes unités industrielles et les ateliers de transformation à la ferme, on dénombre, dans la région, quelques abattoirs de taille intermé-diaire (2 000 à 5 000 volailles par semaine). Les débouchés de ces produc-teurs ou de ces volaillers sont principalement axés vers les supermarchés locaux, avec un référencement en direct.
La Normandie se distingue de la filière nationale, et notamment bretonne, par ses faibles débouchés sur pays tiers (grand export), les opérateurs régionaux privilégiant le marché intérieur ou européen. Les diverses démar-ches qualité ont également préservé la filière avicole normande des aléas économiques.

La consommation progresse

En 2008, pour la 2e année consé-cutive, la consommation française de viande de volaille progresse et retrouve ainsi son niveau des années 2000. Cette progression de la consommation, malgré une hausse des prix, pourrait s'expli-quer par le fait que la viande de volaille reste l'une des moins chè-res et que les conditionnements de petite taille sont favorables aux ventes, dans un contexte économi-que difficile.
Depuis plus de 30 ans, la France est excédentaire en viande de volailles. Son taux d'auto-approvisionnement (production/consommation), en baisse régulière depuis le milieu des années 1990, avoisine mainte-nant 117 %.

La consommation de viande de volaille (calculée par bilan) pro-gresse entre 2007 et 2008 et se rapproche du niveau de l'embellie de 2001, provoquée suite à la crise de la vache folle. La consomma-tion individuelle s'établit, en 2008, à 25 kg de viande de volailles/habitant (+ 200 grammes/hab par rapport à 2007). La consommation de volailles sous forme de plats cuisinés et en restauration hors foyer (produits élaborés, viande destinée à la sandwicherie) est toujours soutenue.

Évolution de la consommation annuelle moyenne par habitant, en France
 

En Kg 
équivalent carcasse

 Viande de volaille 
  1999    23,9 kg/hab/an
2000 24,7 kg/hab/an
2001 25,6 kg/hab/an
2002 24,2 kg/hab/an
2003 23,6 kg/hab/an
2004 23,5 kg/hab/an
2005 24,2 kg/hab/an
2006 23,6 kg/hab/an
2007 24,8 kg/hab/an
2008 25,0 kg/hab/an

Source : Office de l'élevage, d'après SSP

Des oeufs...

La production française d'œufs de consommation diminue régulière-ment depuis le début des années 2000. Parallèlement, elle se diver-sifie et se segmente avec le déve-loppement des modes de produc-tion alternatifs (plein air, label, bio, poule au sol…). Depuis plusieurs années, la part de la consommation d'œufs réalisée sous forme d'ovo-produits (ingrédients industriels à base d'œufs) s'accroît (à destination des industries alimentaires ou de la restauration), au détriment de la consommation d'œufs sous forme coquille.
En 2008, en France, la consom-mation individuelle d'œufs atteint 14,3 kg/habitant, soit 234 œufs/habitant/an, nettement en dessous du niveau moyen observé au cours de la dernière décennie (250 œufs/habitant/an). La consommation d'œufs semble peu sensible aux variations de prix, elle ne devrait donc pas évoluer fortement en 2009 mais augmenter à un rythme proche de la croissance démogra-phique.

Avec 391 millions d'œufs de consommation produits en éleva-ges professionnels (soit 3,5 % de la production nationale), la Normandie est la 6e région française de pro-duction, loin derrière les régions Bretagne (44 %) et Rhône Alpes (10 %). La Basse-Normandie tota-lise près des deux tiers de la pro-duction normande.

...et des lapins

Avec 5 % de l'effectif national, la Normandie est la 5e région produc-trice de lapins, loin derrière les Pays de la Loire (27 %) ou la Bretagne (19 %). Les trois départements bas-normands totalisent 85 % des effectifs régionaux.
La région compte quelques races locales de lapins aux effectifs réduits : le lapin blanc de Hotot (Calvados), le lapin normand, le lapin bélier normand.

Depuis plusieurs années, on note un recul de la consommation. Le lapin reste une viande qui se consomme très occasionnellement et par un faible nombre de foyers acheteurs. La meilleure mise en avant dans les rayons, la segmentation crois-sante du marché de la viande de lapin fait une place de plus en plus importante aux produits découpés et élaborés, ce qui pourrait enrayer le repli structurel de la demande.

Quelques chiffres sur le foie gras

En Normandie, cette filière regrou-pe une centaine d'ateliers. Leurs produits issus de canards ou d'oies (foie gras, magrets et cuisses) sont écoulés essentiellement en vente directe et sur les marchés. La res-tauration est également un de leurs débouchés.
La consommation de foie gras est encore très saisonnalisée : la majo-rité des produits est consommée entre novembre et janvier.

En France, la consommation indi-viduelle est estimée à moins de 300 grammes de foie gras/habi-tant/an. 
En 2008, les ventes de foie gras en France se sont maintenues mais les exportations ont diminué (l'Espa-gne, 1er client, représente 1/3 des exportations, devant la Belgique et le Japon). Pour 2009, la filière recommande de baisser la produc-tion d'environ 10 % pour s'adapter à un contexte difficile.

 Démarches qualité

 

Label Rouge

  • Volailles fermières de Normandie (+ IGP)

  • Œufs de poules élevées en plein air

Certifications de conformité 

  • Volailles de chair (poulet de chair, dinde, pintade, canard, chapon)

  • Œufs datés de Qualité France 

Lapin "le Père Guillaume" 

Volailles et œufs biologiques

Marque collective 

  • Fermiers des Becs (foie gras normand) 

  • Oie normande

  • Canard de Duclair 

  • Volaille de race Gournay

  • Poule "Merlerault"

  

Actualités 2008 et perspectives

  • Plan de relance pour pérenni-ser la filière avicole dans l'Orne. L’ensemble des partenaires de la filière avicole ornaise se mobilise. Un plan d’aide d’une durée de 5 ans (2009-2013) a été lancé début fé-vrier. En effet, le maillon élevage de cette filière connaît une évolu-tion préoccupante : chaque année, le parc avicole ornais perd près de 10 000 m2 d’ateliers. Cette diminu-tion fragilise la filière et ses outils de transformation pourtant bien positionnés, à proximité du bassin de consommation parisien. L’en-semble des partenaires de la filière a donc décidé de se mobiliser pour soutenir et conforter durablement l’élevage par la création et la mise en œuvre d’un plan avicole. Doté d'une enveloppe financière glo-bale de 1 100 000 € sur 5 ans, ce plan a pour objectifs de favoriser la transmission et la modernisation des ateliers existants et de favori-ser l’installation et l’investissement dans des bâtiments neufs. L’aide aux éleveurs prend la forme d’une aide directe à l’investissement d’un montant au moins égal à 15 % hors taxes. L'aide à l’investissement est composée des aides des opérateurs (groupements de producteurs, fa-bricants d’aliments, abattoirs, or-ganismes bancaires, assurances) et des aides du Conseil Général de l'Orne et du Conseil Régional de Basse-Normandie (les aides du Conseil Général et du Conseil Ré-gional sont accessibles via le volet avicole du Plan de Modernisation des Bâtiments d'Elevage).
    Plus de renseignements sur le site : www.orne.chambagri.fr/Plan%20avicole%20ornais.asp .
     

  • En 2012, un nouveau pas sera franchi concernant la directive européenne sur le bien-être des poules pondeuses. A partir de cet-te date, tous les bâtiments (y com-pris ceux déjà existants) devront utiliser des cages aménagées. Ces nouvelles dispositions, qui s'im-poseront à tous les producteurs européens, visent à augmenter la surface globale par poule tout en y intégrant des équipements sup-plémentaires (nid, litière, perchoir, bac à poussière, mangeoire…). Cer-tains Etats de l'Union européenne avaient demandé un délai supplé-mentaire afin de pouvoir se mettre en conformité, délai refusé par la Commission européenne. La direc-tive européenne sera donc effec-tive au 1er janvier 2012. 
     

  • Une interprofession avicole devrait prochainement voir le jour, fédérant les différentes inter-professions d'espèces déjà existan-tes comme le Comité interprofes-sionnel du poulet de chair (CIPC), le Cidef pour la dinde, le Cip pour la pintade, le Cicar pour le canard à rôtir.
     

  • Après plusieurs mois de négo-ciation, la directive européenne fixant les normes minimales pour le bien-être des poulets de chair a été adoptée au printemps 2007. Les Ministres de l'agriculture des 27 pays de l'UE se sont mis d'accord sur des normes communes à respecter. Cette directive limite la densité maximale d'élevage à 33 kg de poids vif/m2, avec une déroga-tion jusqu'à 39 kg, sous conditions de satisfaire à d'autres exigences plus renforcées (ventilation…). Cette limite pourra même être por-tée à 42 kg/m2 pour les élevages affichant un taux de mortalité très faible des poussins et des poulets durant leur cycle de croissance. Seuls les élevages de plus de 500 poulets destinés à la production sont concernés, les poulets sous signe de qualité (Label Rouge, AB) sont exclus de ce dispositif. Cette directive devra être transposée dans les législations nationales d'ici fin juin 2010. Les pays tiers (notamment des gros producteurs comme la Thaïlande et le Brésil) ne sont pas soumis à cette régle-mentation et pourront continuer à exporter leurs produits vers l'UE.

Sources : SCEES : enquête structure, SAA ; DRAF SRISE : production de viande finie par département - Office de l'élevage : consommation

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Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie
Sophie CHAUVIN
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Tél : 02 31 47 22 47

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