Près des 3/4 de l'espace normand valorisés par l'agriculture !
En 2010, la superficie agricole utile
normande (SAU*) représente 2,16
millions d’ha. Elle occupe 72 % du
territoire régional (1re place nationale).
Rappelons que dans les
régions françaises, elle couvre en
moyenne 53 % du territoire.
Du fait de l'absence de massifs montagneux,
d'une faible présence de
forêts et d'une urbanisation modérée,
la Basse-Normandie est la
région française dotée de la plus
grande part de SAU, elle valorise par
l'agriculture 76 % de sa surface. La
Haute-Normandie vient en 6e position
avec 66 %.
L'espace agricole normand (SAU
régionale + terres boisées + friches)
est en repli. Entre 1990 et 2010, il a
perdu 110 000 ha de SAU régionale.
Ce phénomène reflète l’abandon de
territoires peu rentables mais aussi
l'emprise de l'urbanisation et de l'artificialisation
des terres agricoles. Sur
la même période, les superficies
boisées régionales ont augmenté de
16 000 ha.
* La SAU comprend les terres arables
dont la jachère, les cultures permanentes,
les surfaces toujours en herbe et les
jardins et vergers familiaux.
Utilisation du sol en Normandie en 2010
Source : Agreste
Unité : ha
SAU
régionale
Surfaces boisées et peupleraies en plein
Territoire agricole non cultivé
Etangs et territoires
non agricoles
Surfaces
régionales
Basse-Normandie
1 348 134
201 000
29 000
195 837
1 773 971
Haute-Normandie
808 831
229 350
18 300
176 894
1 233 375
Normandie
2 156 965
430 350
47 300
372 731
3 007 346
Deux régions, deux vocations
La Basse-Normandie est tournée vers l'élevage bovin (lait et viande). Les superficies toujours en herbe (STH) y représentent près de la moitié de la SAU régionale. Depuis la mise en place des quotas laitiers en 1984 et avec la diminution du troupeau bovin, cette part a diminué au profit des terres labourables. Ces dernières ont progressé, notamment pour la culture des céréales et oléagineux.
La Haute-Normandie se partage entre l'élevage bovin et les grandes cultures. Bien que la mise en oeuvre de la jachère ait ponctuellement réduit les surfaces en céréales, la région demeure très orientée vers les grandes cultures. La part de la STH dans la SAU haut-normande semble maintenant se stabiliser autour de 30 %.
Une surface agricole en mutation
Le parcellaire agricole régional, notamment bas-normand, est très morcelé. Seule la moitié du territoire agricole a été
remembrée et certaines communes auraient besoin d'un second remembrement. Mais les collectivités territoriales ne
semblent plus s'engager dans des mesures d'aménagement foncier et la politique d'échange reste limitée.
En Haute-Normandie, les campagnes découvertes ont connu une précoce et importante mutation dans le département
de l'Eure alors qu'en Seine-Maritime, la réorganisation s'est précisée plus récemment. La Basse-Normandie, région
bocagère, réalise un remembrement progressif. Par ailleurs, le souci croissant du respect de l'environnement peut créer
de nouveaux besoins de restructuration et la réorientation d'anciens remembrements.
Un foncier agricole de plus en plus cher
Le prix des terres agricoles reste
très différent d’un département à
l’autre. En Haute-Normandie, où la
concurrence agriculture-urbanisation
est très forte, le prix des terres reste
au-dessus de la moyenne française.
La situation est plus hétérogène au
niveau des départements bas-normands.
Après une longue période de
baisse, le prix moyen à l'hectare
des terres normandes augmente
de nouveau. Entre 2009 et 2010, en
Basse-Normandie, le prix moyen
des terres augmente de 10,6 %
pour arriver à 5 736 €/ha. En Haute-
Normandie, cette hausse est de
2,7 % (7 529 €/ha en 2010).
Dans la région, c'est l’Orne qui
connaît la plus forte progression
entre 2009 et 2010 (+ 15,1 %) alors
que l'Eure enregistre un léger recul
(- 0,3 %).
En France, sur la même période, on
enregistre une hausse de 2,8 %, ce
qui porte la valeur d'un hectare libre
à la vente à 5 230 €. Depuis 2000,
la valeur des terres agricoles a augmenté
de 46 % (en valeur courante)
mais la France reste encore l'un
des pays européens où le prix des
terres agricoles est faible.
Prix des terres agricoles, valeur d'un hectare libre à la vente, non bâti (moyenne triennale 2008/2009/2010)
Source : SAFER
Euros courants
Seine-Maritime
7 990
Eure
7 030
Calvados
6 790
Manche
5 730
France
5 230
Orne
4 870
Une taille moyenne de l'exploitation normande en progression
Parallèlement à la diminution de la
SAU régionale, la taille moyenne de
l’exploitation normande progresse.
Entre 1988 et 2007, celle-ci est
passée de 25 à 50 ha en Basse-
Normandie, et de 35 à 66 ha en
Haute-Normandie. La taille moyenne
d’une exploitation normande est
désormais de 55 ha (toutes exploitations
confondues).
Entre 1988 et 2007, la taille moyenne
d'une exploitation professionnelle est
passée de 40 à 81 ha en Basse-
Normandie et de 57 à 108 ha en
Haute-Normandie. La taille moyenne
d’une exploitation agricole normande
qualifiée de "professionnelle" est
désormais de 90 ha (77 ha en France
métropolitaine).
Les exploitations dites "de complément"
(elles ont à leur tête des chefs
d'exploitation âgés ou pluri-actifs)
ont une superficie moyenne de 9 ha
en Basse-Normandie et de 12 ha en
Haute-Normandie (12 ha en France
métropolitaine). Ces données évoluent
peu au fil des ans.
Actualités 2010-2011
En France, en 2010, sous l'influence de la remontée des revenus agricoles et de la baisse des taux d'intérêt, le prix d’un hectare de terres et prés libres repart à la hausse : 5 230 € en 2010 contre 5 090 € en 2009. Le retrait des agriculteurs est partiellement compensé par l'arrivée des non agriculteurs qui renforcent leur part de marché et participent à la hausse des valeurs. Les régions spécialisées en élevage se maintiennent à un bas niveau de prix.
La France perd tous les ans
plusieurs dizaines de milliers
d’hectares de surfaces agricoles.
Entre 2006 et 2009, les surfaces
artificialisées progressent de
259 000 ha, soit 86 300 ha par an
sur cette période. Cette artificialisation
n'est pas sans conséquence sur
le volume de production de l'agriculture.
En effet, le potentiel agricole
national diminue plus vite que la
perte de surfaces car ce sont les
meilleures terres qui sortent prioritairement
du domaine agricole
(notamment les terres de plaine, en
zone péri-urbaine, à fort potentiel
agronomique). Ces terres perdent
leur fonction agricole de façon
quasi-irrémédiable.
La filière en Basse-Normandie
La Basse-Normandie est la région française dotée de la plus grande part
de SAU. Elle valorise par l'agriculture 76 % de sa surface. La région est
tournée vers l'élevage bovin (lait et viande). Depuis la mise en place des
quotas laitiers en 1984 et avec la diminution du troupeau bovin, la part de
la superficie toujours en herbe a diminué au profit des terres labourables
(développement de la production des céréales et oléagineux). La part de
la STH dans la SAU bas-normande semble aujourd’hui se stabiliser autour
de 50 %.
Sources : Agreste : SAA SAFER de Basse-Normandie, SAFER de Haute-Normandie :
prix des terres agricoles, marché foncier