Avec plus de 1,2 million de porcs
charcutiers produits par an, la
Normandie se situe au 3e rang des
régions françaises (5 % de l'effectif
porcin national), loin derrière la
Bretagne (57 %) ou les Pays de la
Loire (11 %).
La Basse-Normandie représente à
elle seule plus de 80 % de la production
de porcs charcutiers normands
contrôlés. En 2010, 58 % des porcs
charcutiers contrôlés abattus proviennent
de la Manche.
Densité de porcs au km2 de SAU
Source : Agreste
Haute-Normandie
19
Basse-Normandie
41
France
49
Pays de la Loire
72
Bretagne
467
Spécialisation des élevages
La région compte près de 800 élevages
dont l'activité principale est
le naissage et l'engraissement de
porcs. Exigeante sur le plan technique
et économique, la production
porcine nécessite des éleveurs
de plus en plus spécialisés. Cette
spécialisation a pour conséquence
l’agrandissement des élevages et
l’abandon des petites structures.
Ainsi, la taille moyenne d'un élevage
naisseur engraisseur en
Normandie était de 154 truies en
2010 (contre 101 truies en 1994,
source UNGP - Enquête données
2010). Les naisseurs engraisseurs
réalisent une part importante de la
production : ils détiennent près de
77 % du cheptel truies et produisent
près de 75 % des porcs charcutiers.
3 types d'élevage
Les élevages de porcs sont présents
sur trois principaux types d’exploitations
:
des ateliers complémentaires à un
élevage laitier (situation fréquente
dans les régions bocagères de la
Manche, de l'Orne ou du Calvados),
des ateliers complémentaires à une
activité de grandes cultures dans les
zones plus céréalières telles que le
Perche, la Plaine de Caen, la Haute-
Normandie. Les céréales produites
sur l'exploitation sont transformées le
plus souvent sur place à l'aide d'une
fabrique d'aliments à la ferme,
des ateliers très spécialisés, où les
porcs représentent l’activité principale
voire la seule activité de l’exploitation
(situation plus fréquente dans
la Manche).
3e filière animale
Avec 156 millions d'euros en 2010,
la production porcine représente 4 %
du produit agricole normand (services
exclus, hors aides). Par ailleurs,
elle arrive en 3e position des produits
animaux, derrière le lait (33 %) et les
gros bovins (16 %) mais devant les
veaux de boucherie, la volaille de
chair, les oeufs et les ovins.
Une production organisée
Fin 2010, l’Union normande des groupements de producteurs de porcs
(UNGP) comptait 5 groupements adhérents (Agrial, Cap 50 Porcs, Porc Armor,
Syproporcs, Cooperl Arc Atlantique) dont 1 a son siège social en Normandie.
Ces groupements représentent un effectif de plus de 550 élevages normands.
Ils ont commercialisé, en 2010, plus de 1 126 000 porcs charcutiers issus de la
région, soit plus de 90 % de la production régionale. La production organisée
dans son ensemble couvre plus de 96 % de la production normande.
Les groupements de producteurs ont été au coeur du développement de cette
production au cours de ces 20 dernières années, en assurant aux éleveurs
deux missions essentielles : la commercialisation des animaux et l'appui technique.
L'engagement de ces coopératives auprès de leurs adhérents explique
ce taux d'organisation très élevé.
Le porc : la viande la plus consommée en France
Même si sa consommation est globalement
en recul depuis 1998, la
viande de porc (y compris sous forme
transformée) demeure la viande
plus consommée en France avec
34,3 kg/habitant en 2009, loin devant
la viande bovine (25,4 kg/habitant)
ou la volaille (24,2 kg/habitant). Le
prix peu élevé de cette viande ou
de certains produits transformés à
base de porc, comparativement aux
autres viandes de boucherie, ainsi
que la diversité de ses formes de
consommation (viande fraîche, charcuterie,
salaison) constituent des
atouts importants qui concourent à
conforter sa première place.
Evolution de la consommation
annuelle moyenne par habitant,
en France
En kg équivalent carcasse
Source : Office de l'élevage, d'après SSP
Viande porcine
2000
36,2 kg
2001
36,5 kg
2002
36,4 kg
2003
36,2 kg
2004
35,1 kg
2005
34,5 kg
2006
34,5 kg
2007
34,5 kg
2008
34,5 kg
2009
34,3 kg
Une activité d'abattage de plus en plus concentrée
Début 2011, la Normandie compte 4 sites d'abattage de porcs. Il s'agit des AIM à Ste-Cécile (50), de la société SMANCO de Cherbourg (50), des établissements de Saint-Hilaire du Harcouët (50) et de la Socopa au Neubourg (27). A noter, la mise en place d’un petit abattoir privé lié à de la vente directe, dans l’Orne. Les AIM couvrent à eux seuls 92 % de l'activité régionale d'abattage (ils sont classés 13e abattoir en volume sur la zone Uniporc Ouest : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Poitou Charente, Centre, Nord Picardie). C’est le seul abattoir spécialisé en porcs de la région normande. Les établissements Harang (Houdan - 78), bien que situés dans les Yvelines, sont étroitement liés à la filière régionale porcine de Haute- Normandie et sont, de ce fait, rattachés à l'ARIP normande (Association régionale interprofessionnelle porcine) pour la pesée, le classement, le marquage. Plus de 80 % des porcs abattus sur ce site proviennent en effet de Haute-Normandie, région largement déficitaire en capacités d'abattage. L’activité des abattoirs de la zone Uniporc Normandie est environ de 80 000 tonnes (abattoirs de la région Normandie et celui d’Houdan).
Une filière engagée
En 1998, une démarche de traçabilité des élevages est proposée aux éleveurs
dans la région. Initialement connue sous le nom de charte PIG "Qualité-
Traçabilité", cette démarche a rejoint l'actuelle démarche nationale Viande de
Porc Française (VPF). Fin 2010, environ 670 sites d'élevage étaient référencés
VPF en Normandie. C’est l’ARIP normande (Association régionale interprofessionnelle
porcine) qui gère la base de données des élevages et le suivi du
cahier des charges.
Parallèlement à cela, l'ARIP gère également une CCP collective. En effet, dès
2001, l'ARIP, en partenariat avec l'UNGP (Union normande des groupements
de producteurs de porcs) avait décidé d'aller plus loin dans la démarche de
réassurance du consommateur. Une réflexion a donc été menée, aboutissant
à la mise en oeuvre, en 2003, d'une CCP (Certification de Conformité Produit)
sur la viande fraîche de porc. Cette démarche collective référençait, fin 2010,
6 groupements apporteurs, 2 abattoirs et près de 220 élevages. Un peu plus
de 410 000 porcs charcutiers ont été livrés dans ce cadre en 2010 (soit 1/3 de
la production régionale).
Charcuterie salaisons : moins de 5 % de la production française…
La production industrielle des entreprises
de la transformation (charcuteries-
salaisons et conserves) compte
une quinzaine d'établissements dans
la région. Un site représente une
majeure partie de l'activité : il s'agit
de l'entreprise Brocéliande à Villers
Bocage (14), spécialisée dans le
jambon cuit. Les autres établissements
du secteur sont de petites
unités n'excédant pas la vingtaine de
salariés. Leurs spécialités : jambon
fumé, jambon cru, andouille de Vire
et boudins blancs ou noirs en Basse-
Normandie, saucisses et saucissons
secs en Haute-Normandie, dont le
"Saucisson du marin", préparé à partir
d'un morceau entier, non haché
d'échine.
Les principales régions productrices
en France sont la Bretagne, les Pays
de la Loire, Rhône Alpes. A noter
qu'en France, 1/4 de la carcasse
d'un porc est valorisé sous forme de
viande fraîche (rôti, côtes de porc,
filet mignon…), le reste l'est sous
forme de produits transformés (jambons,
saucisses, pâtés…).
Une race locale : le porc de Bayeux
Le porc de Bayeux fait partie des cinq
races locales porcines françaises.
Originaire du Bessin (Calvados),
cette race ancienne est issue d'un
croisement, au 19e siècle, entre le
porc normand et le Berkshire (porc
noir d'origine anglaise). Rustique, le
porc de Bayeux se reconnaît à sa
robe blanche et ses tâches noires
de forme arrondie. Produit dans une
trentaine d'élevages de la région,
il s'adapte bien à la vie en plein air
ainsi qu'à une alimentation à base de
sous-produits laitiers. La qualité de
sa chair (90 kg de carcasse à l'abattage
à 9 mois) est appréciée, aussi
bien pour sa viande fraîche qu'en
charcuterie. Il est surtout commercialisé
en vente directe, sous forme de
viande fraîche.
Comme pour les autres races locales,
ces espèces sont intéressantes au
titre de la biodiversité animale et de
la conservation du patrimoine génétique.
Les races utilisées (Duroc, Piétrain,
Large White, Land Race…) dans la
très large majorité des élevages de
porcs sont issues de races locales
qui ont ensuite été sélectionnées sur
leurs qualités (capacité à faire naître
et à allaiter des porcelets, conformation
de l’animal…).
Actualités 2010-2011
La FICT (fédération des industriels
charcutiers traiteurs) et Inaporc
(interprofession porcine) ont signé,
en décembre 2010, un accord
sur l'étiquetage de l'origine des
viandes porcines entrant dans
la fabrication des produits de
charcuterie. La mention d'origine
concerne les produits frais, congelés,
surgelés et transformés comportant
plus de 50 % de viande
de porc. Un produit issu à 100 %
de viande de porc française portera
une "Origine France". En cas de
mélange, les mentions appliquées
seront "Origine UE" ou "Origine pays
tiers".
Les cours du prix du porc se
sont maintenus en 2010. Le prix
du porc base 56 TMP du MPB au
prix départ élevage s’est établi
à 1,145 €/kg en moyenne 2010
(contre 1,146 €/kg en 2009). Le
nombre de porcs commercialisés
au MPB a été de 3 577 772
(+ 10 %/2009), soit l'équivalent de
68 800 porcs par semaine (+ 6 000
porcs/semaine par rapport à 2009).
Mise aux normes "Truies gestantes
en groupe" : les bâtiments
d'élevages porcins doivent répondre
aux nouvelles normes "bien-être
animal pour le logement des truies
à partir du 1er janvier 2013. Il existe
un programme d'aides financières
à l'intention des élevages de porcs
devant réaliser cette mise aux
normes qui consiste au passage
des truies gestantes en système
groupe. Renseignements auprès de
la DDT(M), dans la limite des crédits
disponibles.
Des nouvelles des entreprises en 2010-2011
76 - Le fabricant de saucissons Roches Blanches se lance dans l'élevage
La PME Roches Blanches (76) spécialisée dans le saucisson va investir 10 millions
d'euros dans le développement d'une exploitation de 200 ha sur laquelle
seront produites les céréales nécessaires à l'alimentation des porcs bio.
L'approvisionnement devenant de plus en plus difficile, l'entreprise va élever
en liberté et nourrir ses propres porcs afin d'assurer une production de qualité.
LSA n° 2155, 21 octobre 2010
50 - AIM - Cap 50 porcs crée un atelier de désossage
Installé à Vire (14), cet atelier devrait employer, à terme, 60 personnes. Les
porcs seront élevés, abattus, mais également désossés en France afin de
répondre à la qualification Viande Porcine Française.
Ouest France, 11 février 2011
14 - Cooperl Arc Atlantique rachète Défi Viandes
Le groupe d'abattage de porcs a prévu de racheter la totalité des parts de
la société Défi Viandes (Hérouville Saint Clair, 14). Cette société emploie 500
salariés, elle dispose d'un atelier de découpe des viandes, d'une centrale
d'achats et d'un réseau composé de 83 boucheries de proximité situées dans
les centres-villes. Le groupe compte progressivement approvisionner Défi
Viandes en découpe de porcs et en salaisonneries. Les boucheries de Défi
Viandes sont principalement implantées en Normandie, dans le nord de la
France, en Ile-de-France et dans le Centre.
Usine nouvelle.com, 2 mars 2011
76 - Roches Blanches rejoint la nouvelle marque U de Normandie
Le groupe de distribution Système U a sélectionné 3 références pour intégrer
la nouvelle signature régionale U de Normandie : saucisson sec marin, saucisson
Label Rouge et saucisse sèche Label Rouge. Une nouvelle gamme
pourrait rejoindre la démarche : des saucissons et saucisses sèches 100 %
porc normand provenant des 2 exploitations détenues par Roches Blanches.
Installée à Cany (76), Roches Blanches a fabriqué en 2010 1 000 t de saucissons
et enregistré un chiffre d'affaires de 10 M€.
Les Marchés Hebdo, n° 106, 7 juillet 2011
La filière en Basse-Normandie
Cette filière agricole est peu développée : la Basse-Normandie est la 3e
région française pour la production porcine, avec seulement 4 % de l'effectif
national.
Cette filière organisée fait vivre 650 éleveurs qui commercialisent leur production
essentiellement en filière longue, notamment sous signe de qualité
ou marques collectives.
Démarches qualité
Sur la viande fraîche
Programme national VPF (viande porcine française) : cette démarche permet de garantir l'origine française des produits. La traçabilité mise en oeuvre permet d'assurer le suivi des produits sur l'ensemble de la filière, de la fabrication des aliments à la distribution des produits. Elle concerne une majorité des élevages de porcs en France. Elle est gérée au niveau national par l'association VPF et au niveau régional par l'ARIP normande. En Normandie, cette démarche concerne près de 670 sites d'élevages et la majorité des porcs produits.
CCP : Viande fraîche de porc (Arip normande) Porc charcutier élevé à la farine d'orge (AIM)
Label Rouge : Porc fermier de
Normandie (+ IGP)
Viande de porc issue de l'agriculture
biologique
Sur les produits de charcuterie
Label Rouge : Jambon cuit de qualité supérieure (Salaisons de Brocéliande) Saucisson sec, Rosette, saucisse sèche (Roches Blanches) Produits de charcuterie issus de l'agriculture biologique
Marques collectives
Porc charcutier le Bien élevé
Le Porlin
Porc des chaumières
Porc de Bayeux
Sources : ARIP : production, abattages
CRAN : comptes de l'agriculture
Agreste : SAA
UNGP : groupements de producteurs