L'activité agricole représente, en
2010 en Normandie, 46 100 UTA*.
Dans la région, on compte en
moyenne 1,3 UTA par exploitation,
ce chiffre n'a pas évolué
(1,3 UTA en 2000). A l'heure actuelle,
une UTA valorise en moyenne 39 ha
de SAU en Basse-Normandie et
51 ha de SAU en Haute-Normandie
(la moyenne est de 36 ha de SAU par
UTA pour la France métropolitaine).
*UTA : Unité de travail annuel
Source : RA 2010
Un travail familial à la baisse
La part du travail familial diminue progressivement : elle est passée de 90 %
des UTA en 1988 à 78 % en 2007 mais reste encore prédominante (la majeure
partie du travail agricole est encore effectuée par la population familiale,
notamment par les chefs d'exploitation ou coexploitants eux-mêmes). Au cours
des dernières années, le travail familial s'est recomposé autour des chefs
d'exploitation, au détriment des autres catégories d'actifs familiaux (conjoints
non coexploitants ou autres actifs familiaux).
A l'heure actuelle, les chefs d'exploitation et coexploitants fournissent 64 %
des UTA régionales (et 82 % des UTA familiales), contre 57 % en 1988.
Parallèlement, le statut des autres actifs familiaux a évolué : de nombreux
conjoints ou enfants de chefs d'exploitation ont choisi de devenir coexploitants
(notamment via les formes sociétaires) ou salariés agricoles.
Cette diminution de l'emploi familial est également compensée par des gains
de productivité mais aussi par l'embauche de salariés permanents ou saisonniers.
Il est, en outre, fait appel à des CUMA (coopératives d'utilisation de
matériel agricole) ou à des ETA (entreprises de travaux agricoles). Source : ES 2007
Le renouveau de l'emploi salarié agricole
Depuis le début des années 2000,
les effectifs des salariés agricoles
permanents se stabilisent autour
de 10 000 personnes, sur toute la
Normandie.
Les salariés permanents non familiaux
représentent 16,5 % des UTA
agricoles, contre 10 % en 1988. Source : ES 2007
Part du travail agricole
dans les exploitations
en Normandie en 2007 (en UTA)
Source : ES 2007
Chefs d'exploitation
et coexploitants
64 %
Conjoints
non coexploitants
11,5 %
Autres actifs familiaux
2,5 %
Salariés permanents non
familiaux
16,5 %
Saisonniers, ETA, CUMA
5,5 %
TOTAL : 47 900 UTA
30 % des chefs d'exploitation sont des femmes
Parmi les 44 446 chefs d'exploitation ou coexploitants de la région, 13 042 sont des femmes, soit 30 % des effectifs. Ce taux est plus important en Basse-Normandie (31 %) qu'en Haute-Normandie (25 %). En France, il est de 26 %. Source : ES 2007
Un meilleur niveau de formation
En 1988, seulement un agriculteur sur cinq avait reçu une formation initiale
agricole. Maintenant, ils sont près de 60 %, tous chefs d'exploitation et coexploitants
confondus. Ce taux s'élève à près de 80 % dans les exploitations dites
"professionnelles".
Les régions de Haute et Basse-Normandie proposent tous types de formations
agricoles dans les lycées agricoles, CFA, CFPPA publics, Maisons familiales
rurales, établissements privés du CREAP et de l’UNREP, écoles d'ingénieurs…
que ce soit par la voie traditionnelle, l’alternance, l’apprentissage ou la formation
pour adultes. Ces formations permettent de préparer à différents métiers en lien
avec l'agriculture et le monde rural et notamment d’obtenir les diplômes nécessaires
pour bénéficier des aides nationales à l'installation.
Une population vieillissante
Parmi les 44 446 chefs d'exploitation ou coexploitants normands, 55 % ont plus de 50 ans. Par ailleurs, on dénombre
10 280 exploitants de plus de 60 ans, soit 23 % des effectifs, contre 29 % en 1988. Avec le départ à la retraite de ces
exploitants issus de la génération du baby-boom, on peut envisager un prochain rajeunissement de cette population. Source : ES 2007
Recul des installations aidées en 2010
Le nombre d'agriculteurs s'installant chaque année ne permet pas d'assurer le renouvellement des exploitants cessant leur activité. Le contexte économique, l'accroissement des unités déjà en place, ainsi que le transfert de terres agricoles vers le secteur non agricole (essentiellement en Haute-Normandie) peuvent expliquer les difficultés d'installation des jeunes agriculteurs. Parmi les agriculteurs qui s'installent, on distingue les jeunes installés dans le cadre du dispositif national des aides à l'installation et ceux qui n'en bénéficient pas. Des agriculteurs s'installent, avant 40 ans, sans bénéficier des aides nationales (DJA, prêts JA). Il faut également ajouter les installations après 40 ans (elles ne peuvent bénéficier des aides nationales).
En 2010, le nombre d'installations aidées fléchit par rapport à 2009 (- 5 % pour la Normandie). Avec 337 installations
aidées en 2010 sur la Normandie, on enregistre le plus faible nombre de la décennie.
Dans la région, la diminution du nombre d'installations se poursuit. Cette tendance confirmée au niveau national a pour
origine une conjonction de facteurs notamment à dominante sociale et économique. Les incertitudes liées à des coûts
de production qui augmentent plus que les prix à la production, à la fin programmée des quotas laitiers et à l'évolution
de la PAC interrogent… Par ailleurs, au-delà de ce contexte, la réforme législative des retraites avec l'allongement des
carrières des exploitants constitue un frein et impacte le nombre de transmissions. Enfin, les difficultés d'accès au foncier
pèsent de plus en plus sur le montant des reprises et pénalisent la concrétisation des projets.
Nombre d'installations aidées par département
Sources : Chambres d'agriculture de Normandie
Calvados
Manche
Orne
Eure
Seine-Maritime
Total
2000
99
171
115
52
94
531
2001
66
147
88
56
79
436
2002
77
111
85
48
78
399
2003
54
112
96
39
69
370
2004
52
125
91
47
83
398
2005
69
156
83
43
68
419
2006
74
117
66
46
74
377
2007
89
142
96
39
75
441
2008
80
147
92
43
71
433
2009
76
102
73
41
63
355
2010
63
90
59
61
64
337
2010/2000
- 36 %
- 47 %
- 49 %
17 %
- 32 %
- 37 %
Actualités 2010-2011
En France, pour l'année 2010, le nombre d'installations aidées de jeunes agriculteurs tombe à 5 062 (contre 5 156 en 2009 et 5 999 en 2008). La mauvaise conjoncture 2009, notamment dans le secteur laitier qui installe beaucoup, explique pour partie ce mauvais chiffre.
Transfert du service public d'installation des ADASEA vers les Chambres d’agriculture L’article 71 de la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010 – article d’initiative gouvernementale – opère un transfert des missions de service public réalisées par les ADASEA dans les domaines de l’installation et de la transmission vers les Chambres d’agriculture. Cet article s’inscrit dans la démarche de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) engagée par le Gouvernement depuis deux ans. Les nouvelles missions confiées aux Chambres d’agriculture sont : - le répertoire départ installation (RDI) : cet outil permet d'informer cédants et candidats sur les démarches à entreprendre, les aides dont ils peuvent bénéficier, les sites d'exploitation disponibles. Il met en relation des cédants sans successeur avec des candidats à l'installation, - la déclaration d'intention de cesser l'activité (DICA) qui a pour but de préciser le devenir de l'exploitation, les démarches à effectuer, les aides à la transmission et de conseiller éventuellement dans la recherche d'un successeur, - l'aide à la réinsertion professionnelle (ARP) : il s'agit de la préparation de l'instruction des demandes d'aide, de la mise en paiement des dossiers… - le programme pour l'installation et le développement des initiatives locales (PIDIL) : programme national ayant pour objet d'encourager l'installation hors cadre familial. Il soutient d’une part, des jeunes non issus du milieu agricole souhaitant devenir chef d’exploitation et, d’autre part, des enfants d’agriculteurs désirant reprendre une exploitation familiale ne permettant pas leur installation dans des conditions économiques satisfaisantes, - la dotation jeune agriculteur (DJA) : aide à la trésorerie destinée à financer la reprise ou la création d'une exploitation agricole. Elle concerne aussi bien le jeune exploitant à titre principal que celui à titre secondaire quelle que soit la forme d'installation, individuelle ou sociétaire. La Chambre d'agriculture prendra en charge la préparation de l'instruction des demandes d'aides, de la mise en paiement des dossiers et leur suivi. L'objectif est d'assurer avec efficacité le renouvellement des générations en agriculture avec un service global "Installation et Transmission" (mission de service public et d’appui conseil aux entreprises et porteurs de projet) pour simplifier les démarches des porteurs de projets et des cédants.
Des contrats de transmission en Basse-Normandie Pour réussir son installation/transmission, il existait le contrat de parrainage pour les jeunes souhaitant s’installer hors cadre familial. Désormais, les cédants de Basse- Normandie ont également leur outil pour céder leur exploitation. Le contrat de transmission consiste à inciter les agriculteurs cédants de plus de 53 ans à transmettre en location leur exploitation à un jeune agriculteur, sans démantèlement du siège d'exploitation. Les 3 Chambres départementales d'agriculture de Basse-Normandie mettent en place le dispositif auprès des agriculteurs concernés. Cette action, soutenue par la Région Basse-Normandie, permet à un agriculteur-propriétaire en fin de carrière de bénéficier d'aides à la location des terres et de la maison d'habitation et/ou des bâtiments d'exploitation. L'agriculteur-locataire peut quant à lui bénéficier d'une aide à l'accompagnement du projet de transmission.
De futurs agriculteurs à recruter... En Basse-Normandie L’agriculture était au coeur du forum "Place aux métiers" les 18, 19 et 20 novembre 2010 à Caen. Le pôle Terre Mer animé par 70 professionnels des filières élevage, forêt, environnement, cheval, paysage et horticulture présentait aux jeunes la richesse des "100 métiers grandeur Nature". 13 000 visiteurs ont pu se familiariser aux activités de la Terre et de la Mer dans un décor naturel et champêtre réalisé par les élèves en formation en travaux et aménagements paysagers des établissements d’enseignement agricole de Basse-Normandie. Pour les établissements, OPA et professionnels le Forum "Place aux métiers" organisé par la région Basse-Normandie et l’Etat reste un événement incontournable pour promouvoir les métiers de l’agriculture. Le rendez-vous est pris pour la prochaine édition les 1,2 et 3 décembre 2011.
...En Haute-Normandie Partir à la découverte des métiers d’une filière de l’agriculture : un voyage au coeur d’une entreprise, une rencontre avec des professionnels. C’est ce que propose, tous les seconds lundis du mois depuis septembre 2010, la Cité des Métiers de Haute-Normandie en partenariat avec la DRAAF et les Chambres d’agriculture de l’Eure et de la Seine- Maritime. Au cours de ces "Rencontres métiers", jeunes ou adultes en phase d’orientation professionnelle mais aussi conseillers d’orientation ou enseignants, sont invités à visiter une entreprise, à échanger sur les missions de chacun, chef d'entreprise ou salariés et sur les débouchés du secteur d’activité concerné. L'agro-machisme, l'aménagement paysager, l'horticulture... et prochainement la production agricole, le commerce et la recherche en agronomie... des après-midi thématiques complémentaires des actions de communications menées dans les forums et salons.
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La filière en Basse-Normandie
La région compte 29 300 chefs d'exploitation et coexploitants.
212 agriculteurs se sont installés dans la région en 2010, dans le cadre du
dispositif des aides nationales à l'installation.
Caractéristiques des installations aidées
en Normandie
Profil des bénéficiaires :
Jeune homme (77 %), âgé de 28 ans au moment de l'installation, souvent d'origine agricole (54 %). On remarque que cette
tendance s’inverse : ils étaient 72 % en 2009 à être issu du milieu agricole contre 54 % en 2010. Ils s’installent majoritairement
dans un cadre familial mais cette proportion diminue (67 % contre 74 % en 2009). 35% d’entre eux sont titulaires
d'un bac + 2 ou plus.
Caractéristiques de l'exploitation : Installation en forme sociétaire (65 %), installation en production laitière (54 %), puis en grandes cultures (15 %) et bovins viande (10 %). Installation sur 64 ha en forme individuelle, 154 ha en GAEC et 133 ha en EARL.
Sources : Chambres d'agriculture de Normandie
Sources : Agreste : SAA CRAN : comptes de l'agriculture normande CEDUS