L'essentiel de la production ovine
est situé dans le sud de la France.
Les régions Midi Pyrénées, Provence
Alpes Côte d'Azur et Aquitaine
concentrent à elles trois près de la
moitié de l'effectif ovin national.
La Normandie se situe au 13e rang
des régions françaises pour son
effectif ovin total. Elle possède un
troupeau de taille modeste (175 230
têtes en 2010, soit 2,2 % du cheptel
français). En effet, l'élevage ovin,
relancé avec la mise en place des
quotas laitiers en 1984, est souvent
une activité complémentaire. La filière
normande est quasi-exclusivement
orientée vers la production de viande.
Cependant, quelques exploitations
laitières sont équipées d'un atelier de
transformation pour la vente directe
de fromages.
Un peu moins de 7 400 exploitations
normandes (soit 20 %) détiennent
un troupeau ovin. La Manche est le
2e département français en nombre
d'exploitations à détenir un troupeau
ovin, mais ce dernier reste de petite
taille. Ce département regroupe 40 %
des fermes ovines normandes, suivi
par la Seine-Maritime (30 %).
De moins en moins de brebis
Sous l'effet de la concurrence internationale
(Royaume Uni, Nouvelle
Zélande, Irlande…) et d'une baisse
de la consommation, les effectifs
diminuent. Ainsi, dans la région,
entre 2000 et 2010, le cheptel de
brebis-mères a perdu 36 % de ses
effectifs (- 71 300 brebis mères),
alors que la diminution du cheptel
français est de 19 % sur la même
période (- 1 218 800 brebis mères).
Au niveau national, les plans de
relance n'ont pas permis à la France
de réduire sa dépendance vis-à-vis
des importations. Depuis plusieurs
décennies, son taux d'auto-approvisionnement
(production/consommation)
ne cesse de diminuer, il avoisine
désormais les 50 %, contre 80 % au
début des années 1980.
Surtout des troupeaux de petite taille
La Normandie se caractérise par une troupe ovine moyenne de petite dimension.
Depuis 1997, année où l'identification des ovins est devenue obligatoire,
on assiste à une restructuration du cheptel. Les petites troupes disparaissent
au profit des troupeaux de plus de 200 brebis.
Deux types d'éleveurs se distinguent : ceux pour lesquels le mouton représente
l'activité principale de leur exploitation, ils détiennent généralement des troupeaux
importants. A côté, on trouve de plus petits élevages (plus nombreux),
exploités par des retraités ou des pluri-actifs.
3 races locales
La Normandie est le berceau de
trois races ovines locales aux faibles
effectifs : l'Avranchin, le Cotentin
(sur les zones intérieures des terres)
et le Roussin (sur les zones littorales).
Essentiellement localisés dans
la Manche, leurs effectifs se maintiennent
grâce à leur rusticité (bonne
aptitude aux conditions d'élevage en
plein air). Mais les élevages ovins de
la région sont généralement composés
de Suffolks, de Texels et de
Rouges de l'Ouest.
2 systèmes de production
Dans la région, on rencontre deux
modes de production :
Une production d'agneaux de bergerie,
souvent en complément d'un
système céréalier, sur une exploitation
où la surface fourragère disponible
est limitée. L'agneau y est nourri
essentiellement avec des céréales
et coproduits issus de l'exploitation.
Ce système est fréquent en Haute-
Normandie.
Une production d'agneaux semi
plein air où l'animal consomme
presque exclusivement de l'herbe.
Cette pratique se retrouve surtout en
zone herbagère, dans des systèmes
ovins spécialisés (Basse-Normandie)
ou en complément d'un atelier bovin
(Haute-Normandie).
L'aide aux ovins (AO)
Il s'agit d'une aide couplée (aide à la tête), issue du bilan de santé de la PAC. Elle est attribuée aux éleveurs détenteurs d’au moins 50 brebis éligibles au 1er février de l’année en cours, avec une majoration possible pour les demandeurs adhérant à une organisation de producteurs commerciale reconnue par le Ministère de l’agriculture ou détenant un contrat avec un opérateur d’aval. Sont éligibles toutes les brebis (de type allaitant ou laitier) correctement identifiées, qui, au plus tard au dernier jour de la période de rétention obligatoire, ont mis bas au moins une fois ou ont atteint l’âge d'au moins un an. Engagement du bénéficiaire : maintenir sur son exploitation pendant 100 jours un effectif d'animaux éligibles au moins égal à celui pour lequel le bénéfice de l’aide a été demandé ; notifier toute sortie et remplacement d’animal éligible à la DDT(M) du département ; réaliser une performance minimale de productivité de son troupeau ; respecter la réglementation en vigueur sur l'identification des animaux ; respecter les exigences réglementaires liées à la conditionnalité des Deux systèmes aides.
En 2011, le montant indicatif de l’aide de base à la brebis est de 21 € par femelle éligible, avec une majoration possible de 3 € (pour les éleveurs engagés dans une démarche de commercialisation). Pour les demandes d'aides déposées en janvier 2011, le paiement sera effectué par l'Agence de service et de paiement (ASP) à partir du 1er décembre 2011 (si les demandes dépassent le budget national disponible de 125 millions d'euros pour 2011, un coefficient stabilisateur sera appliqué). Tous les éleveurs demandeurs de l'aide ovine et disposant de surfaces agricoles doivent également déposer une déclaration de surfaces.
Les organisations de producteurs
Les éleveurs de moutons ont la possibilité d'adhérer à des organisations de producteurs. Parmi celles-ci, on peut citer : Ovins 27 (organisation commerciale), ADPA 76, Agneau du Bocage normand, Association des producteurs d'Agneaux de Pré-salé, Syndicat de défense de l'AOC de Pré-salé des Havres du Cotentin et de la baie du Mont Saint Michel (associations de producteurs). Certaines de ces structures se sont regroupées au sein d'associations (Association des Producteurs d'Ovins de Normandie, groupement Agneau Qualité Normandie) afin de gérer des démarches permettant la mise en valeur de la production ovine normande. Une part de la production de viande ovine de la région est commercialisée en filières organisées. Mais d'autres circuits existent, comme la vente directe ou les marchés en vif.
En 2010, 8 abattoirs normands ont réalisé des abattages ovins, ces derniers se concentrent de plus en plus sur quelques sites : Saint Hilaire du Harcouët, Cherbourg (50) et Beuvillers (14) en Basse-Normandie, Forges les Eaux (76) et le Neubourg (27) en Haute-Normandie. De nombreux agneaux normands sont abattus en Bretagne (SVA, 35).
La consommation se stabilise mais reste faible
La consommation française de viande ovine semble maintenant se stabiliser,
mais reste encore à un niveau inférieur à celui de l'année 2000. Cette consommation
semble pénalisée par le prix de vente élevé de la viande ovine, sa
moindre praticité de préparation, comparativement à d'autres produits carnés
ainsi que son goût prononcé qui peut déplaire à certains consommateurs.
Prés-salés du Mont Saint Michel
Après plusieurs années de
démarches, les éleveurs de la
Baie du Mont Saint Michel ont
obtenu, en octobre 2009, une AOC
pour leurs agneaux de prés-salés.
L'agneau est élevé sur les marais
salés, périodiquement recouverts
par la mer. Sa viande se distingue
par sa couleur rosée, la longueur des
fibres et la présence de gras persillé.
Dans le cadre de l'AOC, les engagement
principaux des éleveurs portent
sur :
les reproductrices sont issues de la
zone d'élevage ;
le temps de vie et de pâturage de
l'agneau : tous les agneaux ont au
minimum 155 jours à l'abattage, dont
au minimum 70 jours de pâturage sur
les prés-salés ;
l'alimentation de complément : les éleveurs s'engagent à ne pas utiliser d'ensilages, ni d'OGM, et le choix et la quantité des aliments sont strictement encadrés. Les fourrages et la plus grande partie des céréales sont produits sur l'exploitation.
Actualités 2010-2011
Une nouvelle étape a été franchie
dans la mise en oeuvre de l'identification
pérenne généralisée (IPG)
ovine avec l'identification électronique
obligatoire des chèvres
et des moutons. Tous les ovins
et caprins nés depuis le 1er juillet
2010 doivent être identifiés avec
une boucle électronique. Pour les
animaux nés avant cette date, les
éleveurs auront jusqu'à fin 2013 pour
remplacer les boucles conventionnelles
pour des boucles électroniques.
Cette opération est destinée
à améliorer la traçabilité individuelle
des animaux, notamment pour lutter
plus efficacement contre les maladies
animales et assurer la sécurité
alimentaire.
En France, depuis le 2 novembre
2010, la vaccination contre la
fièvre catarrhale ovine n'est plus
obligatoire mais volontaire. Les
éleveurs ont la possibilité de vacciner
eux-mêmes leur cheptel sans
faire appel au vétérinaire qui pratiquait
jusqu'alors cette vaccination,
avec établissement d'un certificat.
Le Ministère de l'agriculture a édité
un guide pratique pour inciter les
éleveurs à vacciner leurs animaux.
La filière ovine est la première
production a avoir signé, en janvier
2011, un accord interprofessionnel
(groupements de producteurs,
abatteurs, grande distribution).
Cet accord permet notamment
de planifier la sortie des agneaux et
de faire coïncider les pics de production
avec des opérations de promotion
afin d'éviter l'engorgement
du marché et la baisse des prix.
Dans le cadre du dispositif
"Reconquête ovine", un guide de
bonnes pratiques ovinesa été
édité début 2011. Il a pour objectifs
d’aider les éleveurs à faire le point
sur les pratiques concernant l’hygiène
et le sanitaire ; de les accompagner
dans le respect de la réglementation
et l’utilisation du Guide
des bonnes pratiques d’hygiène des
ruminants ; de leur permettre d’être
mieux préparés en cas de contrôle.
Des nouvelles des entreprises en 2010-2011
Carrefour s'engage avec les producteurs ovins Le groupe Carrefour s'engage avec une vingtaine de groupements de producteurs ovins en France dont le groupement Ovins 27 en Normandie. Pour les 180 producteurs concernés, les termes du contrat reposent sur une durée de 3 ans, des volumes déterminés en amont de la production et une plus-value en lien avec un cahier des charges précis. L'engagement porte sur un volume de 6 000 agneaux pour la 1re année. L'Union agricole, 8 juillet 2010 ; Linéaires, n° 261, septembre 2010
Fin des abattages ovins à Socopa Coutances
Le groupe Socopa Bigard a décidé de ne plus abattre d'ovins dans son abattoir
de Coutances (50). Les éleveurs doivent donc désormais s'orienter vers les
abattoirs de Saint Hilaire du Harcouët ou de Cherbourg.
La France agricole, 29 avril 2011
La filière en Basse-Normandie
Près de 5 000 exploitations détentrices d'un troupeau ovin. Un effectif basnormand
d'un peu plus de 100 000 moutons.
La Manche est le 2e département français en nombre d'exploitations à
détenir un troupeau ovin, mais ce dernier reste de petite taille. La production
ovine bas-normande est surtout présente autour de la baie du Mont Saint
Michel, ainsi que dans la Hague et dans une moindre mesure, dans le Pays
d'Auge et les zones traditionnelles de l'Est ornais.
Une AOC : Prés-Salés du Mont-Saint-Michel
Démarches qualité
CCP Agneau de boucherie élevé
avec sa mère (CCP avec 2
marques collectives : Agneau
du Pays normand, Le Couronné
normand)
CCP Engagement Qualité
Carrefour
CCP Agneaux de nos régions
(SVA)
Viande ovine issue de
l'agriculture biologique
Autres marques collectives :
- Le Grévin (marque collective
régionale)
Autres marques collectives :
Le Grévin (marque collective régionale)
AOC :
Prés-Salés du Mont-Saint-Michel
Sources : CIRVIANDE, INTERVIANDE : abattoirs
Agreste : SAA