L'exploitation agricole est une unité économique qui participe à la production agricole. Sa taille est d'au moins un hectare de SAU ou 20 ares de cultures spécialisées. En Normandie, en 2010, la taille moyenne d'une exploitation est de 56 hectares, ce qui est proche de ce que l'on observe au niveau national (55 ha). Au cours de la période 2000 - 2010, la Normandie a perdu 16 520 exploitations agricoles. Les départs des exploitants en âge de prendre leur retraite mais également le développement des formes sociétaires (plusieurs coexploitants se regroupant sur une même exploitation) expliquent ce chiffre. Source : RA 2010
2 types d’exploitations
Deux types d'exploitations agricoles se distinguent. Les exploitations dites "professionnelles" (20 600) représentent 56 % des exploitations agricoles de Normandie. Les autres, dites "de complément", au nombre de 16 070, font travailler moins de 0,75 UTA* et/ou ont une faible dimension économique (moins de 12 ha de blé). Depuis 2000, dans la région, la part de ces dernières a régressé, repassant sous la barre des 50 %.
Les exploitations "professionnelles" : elles valorisent 92 % de la superficie
agricole utile (SAU), ce qui porte à 81 ha la superficie moyenne de l'exploitation
professionnelle en Basse-Normandie et à 108 ha en Haute-Normandie (77 ha
en France).
Les exploitations dites "de complément" : elles représentent 44 % des exploitations agricoles normandes (contre 36 % en France) mais ne valorisent que 8 % de la SAU régionale. Elles ont à leur tête des chefs d'exploitation âgés ou pluri-actifs. Leur superficie est en moyenne de 9 ha en Basse-Normandie et de 12 ha en Haute-Normandie (12 ha en France). Ces données évoluent peu au fil des ans. *UTA : Unité de travail annuel
Les grandes exploitations progressent, les petites se maintiennent
Les terres libérées (par les départs
en retraite ou par les cessations
d’activité), quand elles restent dans
le domaine agricole, permettent de
conforter des unités déjà existantes
ou l'installation de jeunes agriculteurs.
En Normandie, les exploitations
de plus de 50 hectares (soit 43 % des
exploitations, contre 31 % en 2000)
occupent 86 % de la SAU (contre
78 % en 2000).
Evolution du nombre d'exploitations agricoles en Normandie
Normandie
Basse-Normandie
Haute-Normandie
RA
2010
Exploitations
35 500
24 000
11 500
ES
2007
Exploitations dont professionnelles
36 667 20 603
24 721 13 847
11 946 6 756
RA
2000
Exploitations dont professionnelles
52 017 25 537
35 762 17 361
16 255 8 176
RA 1988
Exploitations dont professionnelles
77 568 41 035
54 239 28 136
23 329 12 899
Des formes sociétaires en progression
Au niveau national, les formes sociétaires
(GAEC, EARL, SCEA…) représentent
28 % de l'ensemble des
exploitations agricoles, contre 26 %
en Normandie.
Dans la région, les EARL (exploitation
agricole à responsabilité limitée),
forme sociétaire plus souple,
sont aujourd'hui plus nombreuses
que les GAEC (groupement agricole
d'exploitation en commun), autrefois
forme sociétaire dominante.
A l'heure actuelle, 65 % des installations
aidées en Normandie se réalisent
sous forme sociétaire (GAEC,
EARL ou autres formes sociétaires).
La société offre des avantages en
terme de coût à l'installation (transmission
progressive de l'outil de travail),
de conditions de travail et de
partage des responsabilités.
Les formes sociétaires
en Normandie
GAEC : 3 071
EARL : 4 941
Autres statuts : 1 358
Total formes sociétaires : 9 370
Source : ES 2007
Des structures hétérogènes
A l’exception de la Manche, département
à vocation laitière, toutes
les exploitations des autres départements
normands ont une SAU
moyenne supérieure à la moyenne
nationale.
En Haute-Normandie, où les cultures
ont une plus forte représentation,
la surface moyenne par exploitation
agricole (66 ha) est supérieure à
celle de Basse-Normandie (50 ha).
Actualités 2010-2011
La campagne de collecte d'informations
pour le recensement
agricole à débuté à l'automne
2010 et s'est poursuivie jusqu'au
printemps 2011. Organisée tous
les 10 ans, cette opération constitue
une photographie complète et
détaillée de l'agriculture française.
Le recensement s’intéresse à tous
les aspects de l’activité agricole.
Il permet de décrire les cultures,
les superficies cultivées et le cheptel,
la diversification pratiquée dans
les exploitations agricoles comme
la transformation de produits à la
ferme, le tourisme vert, la vente
directe aux consommateurs… Pour
cette édition, il est complété par
des questions relatives à la production
d'énergies renouvelables,
à la diversification des activités,
aux modes de commercialisation
des produits. Les premiers résultats
seront disponibles à partir de
l'automne 2011 et mis en ligne sur
le site : www.agreste.agriculture.
gouv.fr
Selon les travaux du service statistiques
du Ministère de l'agriculture,
le revenu agricole moyen
progresse en France de 66 %
en 2010 (hors inflation, revenu net
d'entreprise agricole par actif non
salarié), suite à deux années de
baisses cumulées de 46 % entre
2007 et 2009. Au final, le revenu
de 2010 demeure inférieur de 11 %
à celui de 2007. L'année 2010 est
marquée par une progression du
prix des céréales et oléo-protéagineux,
cette hausse ayant un impact
négatif sur les coûts de production
en élevage. Pour les herbivores, le
revenu est soutenu par les mesures
de redistribution des aides dans le
cadre du bilan de santé de la PAC.
Adoptée le 13 juillet 2010, la loi
de modernisation de l’agriculture
et de la pêche s’inscrit dans une
stratégie globale pour construire
une nouvelle donne agricole. Elle
fixe comme enjeu majeur de garantir
aux consommateurs une alimentation
sûre et de qualité et poursuit
deux objectifs : garantir le revenu
des agriculteurs et des pêcheurs
et les faire gagner en compétitivité.
Elle sera, au niveau national,
prolongée par des plans de développement
des filières laitière, de
l’élevage, des fruits et légumes, et
des grandes cultures. Plus d'informations
sur le site : http://agriculture.
gouv.fr/lmap
La filière en Basse-Normandie
La région compte 24 000 exploitations agricoles, d'une surface moyenne de
50 ha. Les exploitations de la région sont essentiellement tournées vers la
production de lait bovin, l'élevage allaitant et les grandes cultures.
Quelques exploitations se sont orientées dans des élevages spécifiques :
chevaux, moutons, porcs ou volailles. D'autres ont opté pour des cultures
spécialisées : maraîchage, horticulture, verger cidricole, lin, betteraves…