La Normandie est une terre d'élevage mais les cultures arables y sont également
bien présentes. Plus de la moitié de la Surface Agricole Utile (SAU)
normande leur est consacrée, ce qui représente un peu plus de 1,28 million
d'hectares, dont 605 000 ha pour les céréales en 2010.
Trois zones sont plus spécialement orientées vers les grandes cultures : la
Plaine de Caen-Falaise-Argentan, le Pays de Caux en Seine-Maritime, les plateaux
du Neubourg et d’Evreux dans l’Eure.
Les céréales et plantes industrielles (lin, betteraves, pommes de terre et oléoprotéagineux)
assurent, en 2010, 34 % du produit agricole normand (services
exclus, hors aides).
Part de la Normandie dans la production française
Source : Agreste
en milliers de tonnes
Production 2010
Part de la Normandie dans la production Française
Basse-Normandie
Haute-Normandie
Total céréales
2 042,2
2 797,3
7 %
dont blé tendre
1 538,3
2 251,1
11 %
Total oléagineux
150,7
321,4
7 %
Lin textile
37,9
213,1
67 %
Total protéagineux
92,7
111,0
13 %
Betteraves industrielles
659,8
1 551,1
7 %
Ensemble pommes de terre
42,1
508,0
8 %
Une forte spécialisation sur le blé
La Normandie se distingue des
autres régions françaises par une
forte proportion de blé tendre dans
l'assolement : 54 % des surfaces
consacrées aux cultures de vente
contre 39 % en moyenne nationale,
en 2010. Une partie non négligeable
des surfaces en blé se situe en
zone d'élevage, où cette culture s'est
développée depuis l'instauration des
quotas laitiers (1984). Elle y représente
souvent la seule culture de
vente. La Normandie produit essentiellement
du blé destiné à l’exportation
et à la consommation animale.
La collecte régionale se répartit entre
les collecteurs privés et les coopératives.
Des rendements supérieurs à la moyenne nationale
Les conditions pédoclimatiques locales assurent de bons rendements,
généralement supérieurs à la moyenne nationale.
Source : Agreste
qx/ha
Basse-Normandie
Haute-Normandie
France
2010
2010/2009
2010
2010/2009
2010
2010/2009
Blé tendre
76
- 1
87
- 4
72
- 4
Orge
67
- 4
78
- 3
64
- 5
Avoine
56
- 9
63
+ 2
46
- 3
Maïs grain
87
- 4
85
- 4
90
- 1
Triticale
57
- 6
70
+4
54
- 3
Colza
35
- 4
39
- 3
33
- 5
Pois protéagineux
50
- 1
50
- 3
44
- 4
Lin
74
+ 1
74
-
68
- 5
Betteraves industrielles
782
- 81
802
- 160
831
- 110
Pommes de terre de consommation
277
- 6
440
- 17
418
- 16
Rouen, premier port européen exportateur de céréales
Principal pays producteur de céréales de l’Union européenne, la France a produit,
en 2010, 35,7 millions de tonnes de blé tendre. La Normandie est la région
française la mieux située pour exporter du fait de la proximité géographique
des ports de Rouen et de Caen. C'est donc logiquement que les organismes
collecteurs de la région adaptent leur stratégie à ce débouché.
Le port de Rouen, comme d'autres grands ports européens, présente la spécificité
de recevoir les navires à l'intérieur des terres. Cinquième port autonome
de France, il est le premier port céréalier d'Europe et souhaite diversifier les
trafics hors céréales, tels que les produits pétroliers raffinés ou diverses autres
marchandises (farines et sucres en sacs, bois en grumes). Le port de Rouen
va améliorer ses accès maritimes : approfondissement du chenal en augmentant
d’un mètre son tirant d’eau pour permettre d'accueillir de plus gros
navires, développement d’une desserte multimodale de ses terminaux. Les
travaux devraient s’étaler de fin 2011 à 2015.
Pour 2010/2011, le port de Rouen conforte sa 1re place en Europe pour les
exportations de céréales (29 % des exportations européennes), avec un trafic
de 8,3 millions de tonnes (+ 10 % par rapport à la campagne précédente).
Il faut remonter à la campagne 1984/1985 (8,9 millions de tonnes) pour trouver
un chiffre plus important. Cette progression s'explique par une récolte
correcte en France, tant en qualité qu'en quantité ainsi que par le retrait de
grands exportateurs, en raison de leurs conditions climatiques défavorables
à une bonne récolte. Les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) constituent
toujours la destination principale, devant le Proche et Moyen Orient,
l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne.
Un peu de transformation par les moulins normands
Les céréales normandes sont exportées ou trouvent leurs débouchés dans des
régions limitrophes. La meunerie n'est donc pas un secteur très important dans
la région. Les meuniers ont certaines contraintes qualitatives qui les obligent
à s'approvisionner à l'extérieur de la région. En Normandie, on dénombre une
vingtaine de moulins en activité. En aval de la filière, la région compte moins
d'une vingtaine d'établissements spécialisés dans la fabrication industrielle de
pain et pâtisserie fraîche et moins d'une dizaine spécialisés dans le secteur
de la biscotterie, biscuiterie, pâtisserie de conservation et pâtes alimentaires.
Peu d'aliment du bétail
Cette industrie est surtout développée
dans une région comme la
Bretagne qui, avec ses élevages
hors-sol, est grande consommatrice
d’aliments composés. Une partie
des pois protéagineux récoltés en
Normandie y trouve d'ailleurs son
débouché. Quelques entreprises
normandes fabriquent les quantités
nécessaires à l'élevage régional.
Pomme de terre : une culture de plus en plus concentrée
L'essentiel de la production est situé en Haute-Normandie mais également,
dans une moindre mesure, dans le Calvados et la Manche (Val de Saire),
c'est-à-dire à proximité des unités de transformation agroalimentaires locales
ou picardes.
La Normandie se situe loin derrière les principales régions de production que
sont le Nord-Pas-de-Calais (37 % de la production nationale en 2010) et la
Picardie (24 %), mais c'est la 5e région française productrice de pommes de
terre de consommation avec 4,1 millions de quintaux en 2010 (soit 8 % de la
production nationale).
La Normandie est également la 3e région française productrice de plants
de pommes de terre, derrière la Bretagne et le Nord-Pas-de-Calais. Pour ce
marché, les agriculteurs normands ont produit, en 2009, 938 940 quintaux de
plants certifiés (23 % de la production française).
En Normandie, pour l'année 2010,
près de 10 000 ha sont consacrés
à la culture de pommes de terre de
consommation (hors plant et féculerie).
En 2010, en Haute-Normandie, la
production de pommes de terre de
consommation s'élève à 373 416
tonnes. Les rendements s'établissent,
en moyenne, à 440 qx/ha
(contre 457 qx/ha en 2009).
En 2010, en Basse-Normandie, la
production de pommes de terre
de consommation s'élève à 41 280
tonnes. Les rendements s'établissent,
en moyenne, à 277 qx/ha
(contre 283 qx/ha en 2009).
La filière sucrière en Normandie
La France de la betterave sucrière se
situe essentiellement dans le Nord,
Nord-Est du pays. Un tiers des départements
de la métropole cultive des
betteraves, les deux départements
ayant la production la plus importante
sont l'Aisne avec 15 % de la production
nationale en 2010 et la Marne
avec 13 %. Les cultures de betteraves
sont généralement groupées
dans la zone d'approvisionnement
d'une sucrerie (30 km en moyenne)
avec laquelle les planteurs sont liés
par contrat. La betterave est récoltée
lorsque les réserves de sucre dans
la racine sont maximales (de 15 à
21 % de son poids en sucre). Afin
de conserver toute leur richesse en
sucre, les plantes doivent être transformées
rapidement et le temps de
stockage réduit, c'est pourquoi les
sucreries, à l'activité fortement saisonnière,
sont implantées à proximité
des zones de production. L’extraction
du sucre de la betterave consiste à
isoler, par séparations mécaniques
successives les molécules de saccharose
contenues dans la plante.
La production de sucre représente la
première utilisation de la betterave.
Ce sucre est principalement destiné
à l'alimentation, soit pour une utilisation
directe, soit pour des utilisations
indirectes : IAA, restauration… Il est
également utilisé pour des applications
non alimentaires, comme par
exemple dans l'industrie chimique ou
pharmaceutique.
L'alcool d'origine betteravière est utilisé
pour des applications alimentaires
(boissons, vinaigre) et non alimentaires
(parfumerie, chimie, pharmacie,
biocarburants).
Dans la région, l'essentiel de la production
de betteraves sucrières est
situé en Haute-Normandie mais également,
dans une moindre mesure,
dans le Calvados et dans l'Orne. Une
partie de ces betteraves est transformée
par la société Saint Louis Sucre
(sites de Cagny dans le Calvados
et d'Etrepagny dans l'Eure) ou par
le Groupe Vermandoise (site de
Fontaine-le-Dun en Seine-Maritime).
La Normandie est la 6e région française productrice de betteraves sucrières avec 2,21 millions de tonnes en 2010 (soit
7 % de la production nationale). En 2010, 27 800 ha sont consacrés à la production de betteraves sucrières en Normandie
(dont 70 % en Haute-Normandie).
En Haute-Normandie, la production de betteraves sucrières s'élève à 1 551 059 tonnes en 2010, les rendements s’établissent
à 802 qx/ha (contre 962 qx/ha en 2009).
En Basse-Normandie, la production de betteraves sucrières s'élève à 659 765 tonnes en 2010, les rendements diminuent
également : 782 qx/ha en 2010 (contre 863 qx/ha en 2009).
Des nouvelles des entreprises en 2010-2011
Senalia exportera au Japon
Un accord est intervenu entre Senalia
(opérateur portuaire à Rouen) et le
groupe japonais Marubeni (premier
importateur de matières premières
agricoles au Japon) pour l’exportation
de 600 000 tonnes de céréales
(blé, orge) et coproduits (drèches
de blé, tourteaux de colza, pulpe de
betterave) par campagne.
Union agricole, 16 septembre 2010 ; La France agricole, 17 septembre 2010 ; Agra Presse hebdo, n° 3267,20 septembre 2010 ; Ouest France, 8 octobre 2010
Cap Seine diversifie ses débouchés Le groupe Cap Seine, implanté en
Haute-Normandie, a réalisé, sur
l'exercice 2009-2010, un chiffre d'affaires
de 487 millions d'euros et dégagé
un résultat net de 7,9 millions d'€.
Dix ans après sa création, Cap Seine
regroupe 3 500 adhérents et emploie
586 salariés. Son volume de grains
collecté est passé de 1,075 million
de tonnes sur 2000-2001 à 1,6 million
de tonnes sur 2009-2010. Afin de
diversifier ses débouchés, Cap Seine
a pris des participations dans Syral
(transformation de céréales en amidons,
alcools ou protéines) et dans
BENP Lillebonne (bioéthanol). Par
ailleurs, elle a inauguré le silo d’Alvimare
d’une capacité de stockage, à
terme, de 22 600 tonnes, au coeur du
Pays de Caux. Eure agricole, 11 novembre 2010 ;
Union agricole, 16 décembre 2010
et 23 juin 2011 ;
Agra presse hebdo, n° 3281,
27 décembre 2010 ;
Réussir Grandes Cultures, n° 244,
février 2011
NORIAP développe ses partenariats Novial, avec la mise en commun des
usine d’Evialis (In Vivo) et d’Ucalpi
(Noriap), devient leader régional en fabrication d’aliment du bétail (avec
une usine dédiée à la production
d’aliments non OGM et une usine
dédiée à la production d’aliments biologiques).
La coopérative annonce
un chiffre d’affaires de 282 millions
d’€ pour l’exercice 2009-2010. Union agricole, 2 décembre 2010
La coopérative de Creully revoit ses statuts La coopérative a voté l’extension de sa zone territoriale. Elle couvre désormais le Calvados, l’Orne, l’Eure et la Manche, avec un conseil d’administration plus restreint. En mai 2011, la coopérative procédait, pour la 3e année consécutive, à l’exécution d’un contrat de fourniture de féveroles (8 100 tonnes) pour la consommation humaine à destination de l’Egypte. Ouest France, 9 décembre 2010 et 31 mai 2011 ; Agriculteur normand, 16 décembre 2010
CALQ et SEVEPI ont fusionné Suite à l’absorption de la coopérative
agricole de Louviers-Quittebeuf
(CALQ), SEVEPI (27) affiche pour la
campagne 2009-2010, un chiffre d’affaires
total de 117 millions d’€, pour
une collecte totale de 570 tonnes
(66 % en blé). Eure agricole, 9 décembre 2010
Sénalia poursuit la diversification
de ses activités Prestataire de services en stockage,
manutention et logistique portuaire et
industrielle, Sénalia exploite les plus
importants terminaux portuaires du
port de Rouen. Le chiffre d'affaires
de Sénalia s'élève à 33,1 millions d'€
sur la campagne 2009-2010 pour
un résultat net de 4,3 millions d'€.
L'entreprise poursuit sa politique de
diversification : trituration d'oléagineux
avec Saipol, partenariat dans
la production de biocarburant avec Diester Industrie et Téréos, importation
de fèves de cacao avec Barry
Callebaut.... Les Marchés hebdo, n° 81, 13 janvier 2011 ;
Eure agricole, 20 janvier 2011 ;
Réussir Grandes cultures, n° 244, février
2011
Agrial installe une plateforme
logistique à Argentan Agrial va construire et équiper, sur un
terrain de 40 ha, une zone logistique
de 20 000 m2 dans la périphérie
d'Argentan (61), ceci afin d'optimiser
l'approvisionnement du réseau des
magasins du groupe, répartis sur
7 départements du Grand Ouest.
La plateforme actuelle, basée à
Coutances dans la Manche, est en
effet arrivée à saturation. Elle sera
transformée en site de stockage pour
l'usine voisine d'aliment du bétail
et la cinquantaine de salariés sera
reclassée. L'entrée en activité de
cette plateforme est prévue début
2013. Ouest France, 19, 20 janvier 2011 ;
Usine nouvelle, 21 janvier 2011 ;
L'agriculteur normand, 27 janvier 2011 ;
Les Marchés Hebdo, n° 88, 3 mars 2011
Résultat en hausse pour Agrial Le groupe coopératif agricole et agroalimentaire normand Agrial (14) affiche, pour 2010, un chiffre d'affaires consolidé de 2,26 milliards d’€ (contre 2,17 en 2009). Le résultat net 2010 s'élève à 34,4 millions d’€ (contre 32,7 millions d’€ en 2009), soit le meilleur résultat depuis la création d'Agrial. L’assemblée générale de juin 2011 a entériné la proposition du Conseil d’administration : distribution d’une part du résultat aux adhérents (1,2 million d'€ distribués sur la base du capital social détenu et 4,8 millions d’euros sous forme de ristournes). Communiqué de presse Agrial,
28 juin 2011 ;
Ouest France, 28 juin 2011 ;
Journal Agrial, n° 45, juillet 2011
La filière en Basse-Normandie
La Basse-Normandie est une terre d'élevage mais les cultures y sont également présentes : la moitié de la Surface
agricole utile (SAU) bas-normande leur est consacrée, ce qui représente près de 692 000 ha, dont 277 000 ha pour
les céréales en 2010.
C’est la plaine de Caen-Falaise-Argentan qui concentre la majeure partie de cette production. On y retrouve la culture
du blé tendre, de colza, de lin textile, de pois protéagineux, de betteraves sucrières, de pommes de terre… Le principal
débouché des céréales bas-normandes est l’exportation, via les ports de Caen ou de Rouen.
Marques collectives
Pain normand
Baguette du Perche
Sources : Agreste : SAA
CRAN : comptes de l'agriculture normande
CEDUS