Du poulet de chair surtout



Avec 3 % de l'effectif national, la Normandie est la 10e région productrice de poulets de chair, loin derrière la Bretagne (33 %) ou les Pays de la Loire (21 %). Près de la moitié des volailles élevées en Normandie sont des poulets de chair, en partie destinés à la filière Label Rouge.
80 % des dindes, dindons et des poulets de chair et 70 % des poules pondeuses de la région sont élevés en Basse-Normandie.
Avec 65 millions d'euros en 2010, la production de volailles de chair représente 2 % du produit agricole normand (services exclus, hors aides). Elle arrive en 6e position des produits animaux, derrière le lait, les gros bovins, les porcs, les veaux et les équins, mais devant les oeufs et les ovins.

Production de viande de poulet de chair en 2010

Source : Agreste
Basse-NormandieHaute-NormandieNormandie
27 115 tonnes3 800 tonnes30 915 tonnes


Une production en progression







Entre 1990 et 2010, la production normande de viande de poulets de chair a progressé de 50 %, pour atteindre près de 30 915 tonnes.
Sur cette période, la production bas-normande a plus que doublé en volume, tandis qu'en Haute-Normandie, elle régressait de près de 60 %.
Malgré ce développement, la production locale reste encore insuffisante pour satisfaire le marché régional.
 

En 2010, la production de viande de poulet de chair s'élève à 30 915 tonnes (dont 88 % pour la Basse-Normandie).

2 types de production



L'élevage avicole, auparavant très atomisé, a aujourd'hui pris deux orientations : l'une de type fermière qui valorise ses produits en circuits courts (vente directe), l'autre s'articule autour d'une filière longue organisée. Actuellement, les élevages sont concentrés dans le sud de la Basse-Normandie : Avranchin, Mortainais et Domfrontais. En Haute- Normandie, ils sont localisés en Pays de Caux, Pays de Bray et dans les Plaines de l'Eure.
 

Quelques races locales préservées



La Normandie compte quelques races locales de poules parmi lesquelles on peut citer : la Caumont (race normande la plus rare) et la Crèvecoeur, toutes deux originaires du Calvados, la Cotentine (Manche), la Merlerault (Orne), la Pavilly (Pays de Caux) et la Gournay (Pays de Bray). Cette dernière race est celle qui dispose des effectifs les plus importants. Elle fait l'objet d'une valorisation commerciale au niveau local, par l'intermédiaire de la vente directe des producteurs et par les bouchers locaux.
L'oie normande, descendante de l'oie commune, est présente sur tout le territoire normand. Rustique, élevée en plein air, elle peut se nourrir de pommes tombées au sol. Parmi les autres races normandes de palmipèdes, on peut citer : l'oie de Bavent (Calvados), le canard Duclair et le canard de Rouen, tous deux originaires de Seine-Maritime.

Une filière organisée



La filière volailles en Normandie est organisée. On dénombre divers opérateurs : fabricants d'aliment, accouveur, organisations de producteurs, abatteurs et Organisme de Défense et de Gestion de l'IGP Volaille de Normandie (liste des contacts disponible sur le site : www.normandie.chambagri.fr/volaille).

Peu d'unités de transformation



Il y a peu d'abattoirs industriels de volailles en Normandie : Société normande de volailles (SNV, groupe LDC, la plus importante unité de transformation dans la région, implantée dans l'Orne), Socadis (14, filiale d'Agrial) et Nouet (50) en Basse-Normandie, volailles Adrien Labrouche (27) et la Société cauchoise de volailles (Socauvol, 76) en Haute-Normandie. La production normande alimente donc les unités de transformation des régions limitrophes de la Normandie (notamment les établissements Secoué, filiale d'Agrial, en Mayenne). C'est aussi un handicap pour la production de volailles sous signe de qualité : les animaux doivent être abattus dans un rayon relativement proche de leur zone de production.
Par contre, on note une multitude de sites agréés d'abattage à la ferme. Ces abattoirs permettent aux agriculteurs de vendre en direct leurs volailles, sur des marchés ou à la ferme.
Entre les grandes unités industrielles et les ateliers de transformation à la ferme, on dénombre, dans la région, quelques abattoirs de taille intermédiaire (2 000 à 5 000 volailles par semaine). Les débouchés de ces producteurs ou de ces volaillers sont principalement axés vers les supermarchés locaux, avec un référencement en direct.
La Normandie se distingue de la filière nationale, et notamment bretonne, par ses faibles débouchés sur pays tiers (grand export), les opérateurs régionaux privilégiant le marché intérieur ou européen. Les diverses démarches qualité ont également préservé la filière avicole normande des aléas économiques.

Des oeufs...



La production française d'oeufs de consommation diminue régulièrement depuis le début des années 2000. Parallèlement, elle se diversifie et se segmente avec le développement des modes de production alternatifs (plein air, Label Rouge, bio, fermier, poule au sol…). L'oeuf de poule standard représente les 2/3 du marché français, en volume, celui des oeufs dits alternatifs, 1/3. La France maintient sa position de premier pays producteur d'oeufs de l'Union européenne, avec près de 12 milliards d'oeufs par an.
Depuis plusieurs années, la part de la consommation d'oeufs réalisée sous forme d'ovoproduits (ingrédients industriels à base d'oeufs) s'accroît (à destination des industries alimentaires ou de la restauration), au détriment de la consommation d'oeufs sous forme coquille.
En France, la consommation individuelle d'oeufs atteint 230 oeufs/habitant/an (oeufs coquille et oeufs sous forme d'ovoproduits). L'oeuf reste une protéine peu chère et profite du regain d'intérêt des Français pour la cuisine et le "fait maison".
 
Avec 363 millions d'oeufs de consommation produits en élevages professionnels (soit 3 % de la production nationale), la Normandie est la 9e région française de production, loin derrière les régions Bretagne (43 %) et les Pays de Loire (10 %). La Basse-Normandie totalise les 3/4 de la production normande.
 

... et des lapins



Avec 6 % de l'effectif national, la Normandie est la 5e région productrice de lapins, loin derrière les Pays de la Loire (24 %) ou la Bretagne (19 %). Les trois départements basnormands totalisent 86 % des effectifs régionaux. La région compte quelques races locales de lapins aux effectifs réduits : le lapin blanc de Hotot (Calvados), le lapin normand, le lapin bélier normand.
 
Depuis plusieurs années, on note un recul de la consommation. Le lapin reste une viande qui se consomme très occasionnellement et par un faible nombre de foyers acheteurs. La meilleure mise en avant dans les rayons, la segmentation croissante du marché de la viande de lapin fait une place de plus en plus importante aux produits découpés et élaborés, ce qui pourrait enrayer le repli structurel de la demande.
 

Quelques chiffres sur le foie gras



En Normandie, cette filière regroupe quelques dizaines d'ateliers. Leurs produits issus de canards ou d'oies (foie gras, magrets et cuisses) sont écoulés essentiellement en vente directe et sur les marchés. La restauration est également un de leurs débouchés.
Avec près de 19 000 tonnes par an, la France est le premier producteur mondial de foie gras (75 % de la production mondiale) mais également le premier consommateur.
La consommation de foie gras est encore très saisonnalisée : la majorité des produits est consommée entre novembre et janvier. L'objectif de la filière est de développer la consommation hors période de fêtes de fin d'année et d'augmenter la fréquence d'achat.
 

Actualités 2010-2011

  • Plan de relance pour pérenniser la filière avicole dans l'Orne. L’ensemble des partenaires de la filière avicole ornaise se mobilise. Un plan d’aide d’une durée de 5 ans (2009- 2013) a été lancé début 2009. En effet, le maillon élevage de cette filière connaît une évolution préoccupante : chaque année, le parc avicole ornais perd près de 10 000 m² d’ateliers. Cette diminution fragilise la filière et ses outils de transformation pourtant bien positionnés, à proximité du bassin de consommation parisien. L’ensemble des partenaires de la filière a donc décidé de se mobiliser pour soutenir et conforter durablement l’élevage par la création et la mise en oeuvre d’un plan avicole. Doté d'une enveloppe financière globale de 1 100 000 € sur 5 ans, ce plan a pour objectifs de favoriser la transmission et la modernisation des ateliers existants et de favoriser l’installation et l’investissement dans des bâtiments neufs. L’aide aux éleveurs prend la forme d’une aide directe à l’investissement d’un montant au moins égal à 15 % hors taxes. L'aide à l’investissement est composée des aides des opérateurs (groupements de producteurs, fabricants d’aliments, abattoirs, organismes bancaires, assurances) et des aides du Conseil général de l'Orne et du Conseil régional de Basse-Normandie (lesquelles aides sont accessibles via le volet avicole du Plan de modernisation des bâtiments d'élevage).
    Plus de renseignements sur le site : www.orne-agri.com/plan_avicole_ornais.asp
    Globalement, le plan de relance avicole a permis, sur l'ensemble de la Normandie, la mise en place, en 2010 : de 25 nouveaux bâtiments Label Rouge et de 12 bâtiments standard (1 neuf et 11 reprises).
      
  • En 2012, un nouveau pas sera franchi concernant la directive européenne sur le bien-être des poules pondeuses (directive 1999/74/CE). A partir de cette date, tous les bâtiments (y compris ceux déjà existants) devront utiliser des cages aménagées. Ces nouvelles dispositions, qui s'imposeront à tous les producteurs européens, visent à augmenter la surface globale à au moins 750 cm2 par poule tout en y intégrant des équipements supplémentaires (nid, litière, perchoir, mangeoire…). Certains Etats de l'Union européenne avaient demandé un délai supplémentaire afin de pouvoir se mettre en conformité, délai refusé par la Commission européenne. La directive européenne sera donc effective au 1er janvier 2012.
     
  • La directive européenne fixant les normes minimales pour le bien-être des poulets de chair a été adoptée en 2007 (directive 2007/43/CE). Les Ministres de l'agriculture des pays de l'UE se sont mis d'accord sur des normes communes à respecter. Cette directive limite la densité maximale d'élevage à 33 kg de poids vif/m2, avec une dérogation jusqu'à 39 kg, sous conditions de satisfaire à d'autres exigences plus renforcées (qualité de l'air, température…). Cette limite pourra même être portée à 42 kg/m2 pour les élevages affichant un taux de mortalité très faible des poussins et des poulets durant leur cycle de croissance. Seuls les élevages de plus de 500 poulets destinés à la production sont concernés. Les poulets sous signe de qualité (Label Rouge, AB) ou élevés en plein air ou en liberté sont exclus de ce dispositif. Un arrêté du Ministère français de l'agriculture signé le 28 juin 2010 précise les normes minimales relatives à la protection des poulets destinés à la production de viande. Les pays tiers (notamment des gros producteurs comme la Thaïlande et le Brésil) ne sont pas soumis à cette réglementation et pourront continuer à exporter leurs produits vers l'UE.
     
  • Afin de pérenniser la filière avicole normande, la profession souhaite installer de nouveaux éleveurs sur son territoire. Pour aider les porteurs de projet et futurs éleveurs, AVI Normandie a mis en place un guide de parrainage. Il recense les divers acteurs de la filière (fabricants d'aliment, accouveur, groupements de producteurs et organisme de défense et de gestion), leurs principales caractéristiques et le nom de la personne à contacter. De plus, une vingtaine d'éleveurs se mobilisent pour "parrainer" et aider les porteurs de projet en faisant visiter leur élevage et en partageant leur expérience. Toutes les informations sur le site : www.normandie.chambagri.fr/volaille

Des nouvelles des entreprises en 2010-2011


  • La filiale volailles d'Agrial élargit sa gamme de produits élaborés
    Secoué, la filiale volailles du groupe coopératif Agrial, a investi dans des travaux d'extension pour son atelier de produits élaborés frais sur son site de Chailland (Mayenne). Dans cet atelier, sont produits : poulets rôtis, marinés, fumés, chipolatas, saucisses de volailles, brochettes, kebab... Ces produits sont commercialisés en GMS, en restauration hors foyer, chez les grossistes, en hard discount…
    RIA, n° 715, septembre 2010
     
  • SNV investit sur son site ornais
    La société normande de volailles annonce un investissement de 3 M€ sur son site de la Chapelle d'Andaine (61) pour moderniser ses installations. Outre la rénovation du secteur de l'accrochage de poulets, l'entreprise va se doter de nouvelles machines de conditionnement pour augmenter la durée de conservation de ses produits. Parallèlement, SNV implantera de nouveaux équipements de production d'énergie ainsi qu'un garage pour abriter 30 camions.
    First Eco, 7 décembre 2010 
  • Agrial renouvelle son parc de bâtiments
    Le plan d'aide à la création, à la reprise et à la rénovation de bâtiments mis en place par la coopérative touche à sa fin avec un objectif atteint de 55 000 m2.
    Agriculteur normand, 3 mars 2011 



La filière en Basse-Normandie


Cette filière de diversification agricole est peu développée : la Basse-Normandie est la 12e région française pour la production de volailles de chair. Les élevages sont concentrés dans le sud de la région : Avranchin, Mortainais et Domfrontais. Cette filière organisée fait vivre 500 éleveurs qui commercialisent leur production en filière longue ou en vente directe, notamment sous signe de qualité.


Démarches qualité

  • Label Rouge :
    Volailles de Normandie (+ IGP)
    OEufs de poules élevées en plein air
     
  • Certification de conformité :
    Volailles de chair (poulet de chair, dinde, canard)
    Lapin "le Père Guillaume"
     
  • Volailles de chair et oeufs biologiques
     
  • Marques collectives :
    Fermiers des Becs (foie gras normand)
    Oie normande
    Canard de Duclair
    Volaille de race Gournay
    Poule "Merlerault"





Sources :
Agreste : SAA
AVI Normandie 

Cheval, les chiffres clés  Edition 2011 24/11/2011

Bocage, haies et bois, les chiffres clés - édition 2011  Le premier linéaire de haie de France se trouve dans la Manche. Les haies représentent 20 % du bois sur pied en Basse Normandie.  



Chambre régionale d’agriculture de Normandie

Sophie CHAUVIN
6, rue des Roquemonts - 14053 CAEN Cedex 4 
Tél : 02 31 47 22 47